Hommage aux grandes résistantes contemporaines à l’Hôtel de Ville

À l’occasion de la journée internationale de la lutte pour les droits des femmes, l’Hôtel de Ville de Paris rend hommage aux grandes figures féminines qui ont fait de leur vie un combat. Au total 32 portraits retracent le parcours exceptionnel de ces femmes qui ont parfois levé la voix au péril de leur vie.

Un combat commun…

« C’est quand on reconnaît l’autre comme son égal(e) que quelque chose change ». Cette citation de Geneviève de Gaulle-Anthonioz est certainement celle qui résume le mieux l’exposition et surtout la lutte menée par ces femmes. Première exposée pour son combat lors de la Résistance, elle ouvre la voie à d’autres grandes figures du monde entier, qui comme elle, ont ou oeuvrent encore pour la reconnaissance des femmes et plus largement pour le respect des droits humains.

Des Etats-Unis à la Russie en passant par l’Europe et l’Afrique, l’exposition « grandes résistantes contemporaines » permet de partir à la rencontre de destins hors du commun, je dirai même de femmes extraordinaires à qui la lutte ne fait pas peur. Toutes à leur façon, hier ou aujourd’hui, se sont dressées devant la domination masculine et les inégalités économiques, sociales et politiques que cette domination implique sans oublier les institutions en vue d’obtenir la paix et la démocratie.

Au cœur de leurs revendications se trouvent des thématiques récurrentes depuis des siècles : l’égalité hommes/femmes, la fin des violences conjugales et sexuelles, l’accès à la citoyenneté pour tous, le droit à la protection de l’enfant, la fin du patriarcat, la lutte contre la pauvreté etc. mais aussi des thématiques plus contemporaines comme la lutte pour la reconnaissance des droits des personnes LBGT.

En prêtant leurs voix aux sans voix, ces résistantes participent à la progression des autres femmes. Et cela parfois même au péril de leur vie. Shirin Ebadi, Salima Ghezali, Ruqia Haban, Leyla Zana, Justine Masika Bihamba ou encore Jacqueline Moudeina ont chacune reçu des menaces ou ont été tuées pour avoir osé parler. « Les mots peuvent sauver des vies » disait Anna Politkovskaia mais peuvent aussi en ôter. « Grandes résistantes contemporaines » est donc là pour nous rappeler l’importance de lutter pour les valeurs fondamentales de l’humanité.

Qui doit nous inspirer

La lutte exemplaire de ces femmes, qu’elles soient seules ou en groupe, à l’image des dames en blanc (Cuba) ou des mères de la place de Mai (Argentine), dénonce une indifférence internationale envers ces problématiques mais montre surtout que l’esprit de résistance est indispensable. Au travers de l’exposition, le public est ainsi invité à prendre part à cette résistance, à cette capacité à lutter pour parvenir au chemin de l’égalité et de la liberté.

Chaque portrait, composé d’une citation et d’une bibliographie, est divinement mis en valeur par un jeu de lumière. « Grandes résistantes contemporaines », idée originale de l’association Femmes ici et ailleurs, dévoile des somptueuses photographies et se déroule dans une atmosphère autant solennel que révoltante.

Nos deux portraits favoris

Le plus frappant – Justine Masika Bihamba (République démocratique du Congo)

Née en 1966, Justine Masika Bihamba se bat contre les violences sexuelles, pour l’amélioration des conditions de vie des femmes, pour les droits humains et les victimes de guerre. En 2008 elle reçoit le prix Human Rights Tulip décerné par le ministère néerlandais des Affaires étrangères et en 2009 celui du Pax Christi délivré par l’organisation internationale mouvement catholique pour la paix. Toutefois Justine Masika Bihamba ressent « l’indifférence internationale » pour son combat lorsqu’elle est menacée, ses enfants frappés et abusés.

Le plus remarqué – Kasha Jacqueline Nabagesera (Ouganda)

Kasha Jacqueline Nabagesera est une militante lesbienne ougandaise, fondatrice et directrice exécutive de Freedom and Roam Uganda, principale organisation LGBT en Ouganda. À travers son organisation, elle lutte pour les droits des lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres en Ouganda, pays où règne un profond climat d’homophobie. Son slogan : « Le monde ne devrait pas négliger les droits LGBT, parce que nous sommes là pour rester et faire partie du développement de ce monde ».

Infos pratiques
Du 7 mars au 9 avril 2016
Lieu : Hôtel de Ville - Salle des prévôts
Horaires : 10h-18h30 lundi-samedi
Entrée libre

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