Honeymoon, le voyage langoureux de Lana del Rey

Appuyer sur la touche play pour laisser défiler les titres d’un album signé Lana del Rey est une entreprise qui demande une grande attention. Comme très peu d’artistes avant elle (et sûrement encore après elle), la new-yorkaise a réussi à s’imposer comme une icône de la culture populaire, avec des mélodies aux antipodes des standards formatés de cet univers. Mais, lorsqu’on a su créer un personnage aussi fort que cette idole de féminité, de sensualité et de délicatesse, avec une communication d’une précision chirurgicale alors, forcément, on touche rapidement au viral et on fait applaudir la pop’ et l’élite.

Ainsi, arrivé le 18 septembre dernier, on savait que l’écoute de Honeymoon allait de nouveau être l’occasion de se plonger, à corps perdu, dans l’écoute d’un album qui s’annonçait comme un grand cru. 

Portées par l’ultra-promotion qu’a été High by the Bach, grandes étaient l’attente et l’espérance. 

Finalement, après plusieurs écoutes, le fin voile semi-opaque qui entoure les différents morceaux de l’album se dissipe peu à peu, et ouvre les portes d’un univers qui, bien que familier depuis “Vidéo Games ‘’, en 2011, est sans cesse nouveau, car réinventé par le talent de Miss Lana. On retrouve donc des arrangements, toujours aussi voluptueux et langoureux, au sein desquels viennent se greffer, de manière sporadique, des touches de jazz ou de hip hop. Bien sûr, comme toujours les orchestrations se mettent remarquablement au service de la romance (un peu moins noire que par le passé), déclamée par la voix si atypique de la chanteuse. 

En fait, à y regarder de plus près, on a l’impression, en écoutant un Lana del Rey, qu’il s’agit d’une musique sur la chute. La chute de ses amours gâchées ou ratées, celle qui accompagne une mélancolie sans fin, celle que pourrait faire physiquement la jeune femme, ou intérieurement. Le tout avec ce même rythme flâneur, insouciant, alangui. 

Vous l’aurez certainement compris, Honeymoon s’inscrit dans la lignée des œuvres de Lana del Rey, c’est-à-dire, pleines de maîtrise et de grâce. Une réussite. 

« Là, tout n’est qu’ordre et beauté, Luxe, calme et volupté. »

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