« Images du Grand Siècle (1660-1715) » à la Bnf : derniers jours !

Portraits, livres de fêtes, almanachs et gravures sont au rendez-vous pour célébrer le tricentenaire de la mort du plus célèbre monarque français. Seul moyen de communication visuelle de l’époque, ces images, contrôlées par les plus hautes instances de l’État, servirent de propagande pour diffuser le message royal, mais pas seulement… Jusqu’au 31 janvier 2016 passez faire un tour à la Bnf pour vous confronter aux multiples visages du taulier versaillais et aux anonymes de son royaume.

Le tricentenaire de la mort de Louis XIV, il y a quelques mois, a permis de se replonger à travers de multiples expositions, aussi bien à Paris qu’à Versailles, dans le faste du Grand Siècle. Dans le cas de la Bnf, les commissaires d’exposition (Rémi Mathis et Vanessa Selbach), ont pris le parti de présenter au public des collections inédites, rarement dévoilées, celles des estampes dont elle possède certainement la plus grande et la plus belle collection. En collaboration avec le Getty Research Institute de Los Angeles, ils ont pu avoir accès à des centaines de documents pour créer une immersion encore plus réussie.

Ce tricentenaire est aussi l’occasion de mettre en valeur un artisanat qui n’existe plus, celui des maitres graveurs. Eaux fortes et gravure sur bois sont finement ciselées d’un coup de burin expert, et l’on croise dans cette virtuosité autant d’inconnus que de méga-stars : Le Brun et Poussin, mais aussi Nanteuil et Mosin opèrent une véritable immersion dans la France du XVIIe siècle. Le regard du spectateur se perd alors dans des méandres de détails finement travaillés, il est au côté des troupes lors du siège de Maastricht, et il déambule paisiblement dans les jardins de Versailles et à l’Académie…Ces détails, au-delà de leur aspect esthétique, dévoilent au public toute une culture visuelle, le plus souvent inconnue, et d’un art de vivre qui a depuis longtemps disparu.

Bien équilibrée autour des thèmes de la propagande et des images populaires, cette exposition permet de s’éloigner un peu de la majesté royale pour se confronter au peuple, aux paysans comme aux nobles, aux chevaliers ou encore aux parlementaires. Toutes les couches sociales (ou presque) sont au rendez-vous pour nous donner un échantillonnage de la population. Ainsi grâce à ces portraits il est possible d’établir une sorte d’histoire sociale et de « l’autopromotion » des commanditaires. « Faites-moi plus grand, dessinez-moi de profil, faites-moi des armoiries balèzes », tout était fait pour consolider son statut social. De par sa diffusion et son procédé de fabrication, l’estampe a connu en d’autres temps le même succès que la photographie, bouleversant les codes et les modes de représentation pas seulement des puissants, mais de tout un peuple.

 

Crédits et sources photo : Bnf/Le Figaro/Connaissance des Arts/Peccadille/Gallica

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