Immersion totale en paysage symbolique

C’est sous l’immense verrière du Grand Palais (13 500 m² et 35m de hauteur) que l’artiste Huang Yong Ping, figure emblématique de l’avant-garde chinoise des années 80, réalise pour Monumenta 2016, une gigantesque installation immersive. L’architecture de couleur faite de huit îlots et de structures, dont l’ombre portée fait écho aux nervures métalliques de la verrière, symbolise le monde économique d’aujourd’hui, l’âge industriel, les mutations du monde.

Né en 1954 en Chine et installé en France depuis 1989, il est le fondateur de l’art contemporain en Chine, et du mouvement Xiamen Dada. Ses actions mêlent paradoxe et contestation par l’absurde, son art rejoint la vie et le politique. En s’inspirant des récits mythiques et en revisitant les croyances et référents d’Occident et d’Orient, l’artiste remet en question nos certitudes. C’est dans une dynamique onirique et spectaculaire qu’il met en scène des animaux, engendrant fascination et crainte devant les transformations du monde.

La singularité de ses installations tient au fait que chaque œuvre part du contexte historique, politique, sociétal et architectural du lieu d’exposition. On pense à Les Magiciens de la Terre, où la Grande Halle de la Villette s’est retrouvée noyée sous les livres (1989) ; à l’Arche de Noé grandeur nature (Arche, 2009) de la chapelle des Beaux-arts de Paris ; aux animaux mythologiques transperçant le toit du pavillon français de la Biennale de Venise (Un Homme, neuf animaux, 1999), ou encore au squelette de serpent en métal, de 120m de longueur, échoué sur la plage de Saint-Brévin-les-Pins (Serpent d’Océan), fantôme du désastre écologique, de l’arrêt des activités traditionnelles et de l’épuisement des  ressources sous-marines.

Empires de Huang Yong Ping pour Monumenta 2016 au Grand Palais du 8 mai au 18 juin 2016.

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