In the Navy ! L’improbable réouverture de l’Hôtel de la Marine

Le kolossal  (c’est de l’allemand) monument de la place de la Concorde à Paris a ré-ouvert ses portes en ce début d’année 2016 le temps d’un tout petit weekend. Ses portes resteront désormais closes jusqu’en 2018.

Un weekend un peu étrange sur la capitale. À peine remis d’un nouvel an fatal pour nos capacités cognitives, la nouvelle tombe : le Centre des Monuments Nationaux (CMN) a décidé d’ouvrir gratuitement au public les portes du bâtiment officiel de l’état-major de la Marine nationale le samedi 2 et le dimanche 3 janvier 2016. Les visiteurs ont alors pu s’imprégner de l’ambiance si particulière de l’édifice et de l’excellence à la française perceptible sur chaque élément de décor. L’état-major qui occupait royalement la place de la Concorde depuis 226 ans a rendu son double des clés au CMN pour partir rejoindre le « Pentagone à la française » dans le XVème arrondissement.

Véritable témoin de l’Histoire, le bâtiment a été construit et aménagé entre 1757 et 1774 par Ange-Jacques Gabriel pour le roi Louis XV, afin de servir de Garde-Meuble de la Couronne (l’ancêtre du Mobilier National). Doté d’une façade identique à celles des hôtels Crillon et Coislin, dont il est séparé par la rue Royale, il est un incontournable de Paris. Dans ce corps architectural, c’était tout le savoir- faire des manufactures qui était mis à l’honneur à travers l’entretien et la restauration du mobilier, des tapisseries, des luminaires, jusqu’aux objets les plus précieux des demeures royales. On pouvait également y admirer les fameux Joyaux de la Couronne qui y furent dérobés en septembre 1792. À partir de 1801 l’hôtel abrite le ministère de la Marine, avant d’être placé au premier plan en 1848 en accueillant la signature de l’acte d’abolition de l’esclavage, un projet défendu par le sous-secrétaire d’État à la Marine de l’époque : Victor Schoelcher. Depuis l’installation du haut-commandement de la marine au XVIIIe siècle, aucun civil n’avait pu pénétrer dans le saint des saints de l’armée française…Mais le weekend dernier tout a changé ! Sous une pluie battante les visiteurs ont pu, pour la première fois, observer la cour d’honneur de l’Hôtel en entrant par la place de la Concorde, gravir le grand escalier pensé par Jacques-Germain Soufflot (le type qui a bâti le Panthéon). À l’étage direction la galerie des Ports de guerre,  avec des boiseries somptueuses du XIXe siècle, qui fait un tour de France des places fortes : Cherbourg, Lorient, Brest, Toulon…Pour finir les chanceux ont pu admirer une enfilade de salons d’apparat aussi beaux les uns que les autres : Galerie Dorée, le salon des Amiraux, le salon Diplomatique, le salon Marie-Antoinette etc…

Comment s’organise le futur autour de l’Hôtel de la Marine ? Des espaces dédiés à la gastronomie française, classée au patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’Unesco, pourraient alors voir le jour au rez-de-chaussée de l’édifice. Ayant nos entrées sur tout ce qui touche de près ou de loin à la nourriture, le nom d’Alain Ducasse pour la gastronomie et de Jean-Michel Wilmotte pour l’architecture ont été évoqués. Reste à savoir si l’on peut faire de l’autopromotion sur ses capacités culinaires dans un lieu qui symbolise une part de l’histoire de France…

Crédits et sources photo : Mer et Marine/Le Monde/Le Figaro/culture.fr

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