Interstellar – Christopher Nolan

Avec Interstellar Christopher Nolan tente de démontrer pendant 2h50 que l’amour peut sauver l’humanité et le monde. Ce film est énervant, non pas parce qu’il est ennuyeux ou mauvais, mais parce que le réalisateur s’attarde sur des explications pseudo scientifiques et inutiles. Le point de vue métaphysique est parasité par l’action et les quelques scènes psycho-affectives coutumières du cinéma hollywoodien. Dommage, on aurait préféré une présentation plus sensorielle et un peu moins descriptive.

Sur le papier, l’idée originale propose une histoire de science-fiction classique. Le monde meurt, il n’y a plus assez de nourriture sur terre. Il faut donc trouver une solution, et hop, un cowboy agriculteur, meilleur pilote de toute la galaxie se lance à la conquête de l’hyper espace pour trouver une planète aussi chaleureuse que la nôtre. Concernant la question du chaos et du manque de nourriture sur terre, je vous conseille Silent running de Douglas Trumbull et Soleil vert de Richard Fleischer, deux films de science-fiction majeurs. Contrairement à ses prédécesseurs, Nolan est gourmand et se disperse. Il nous parle d’amour, de faille spatio-temporelle, de relation père-fille et de métaphysique. Il y a de nombreux personnages et des quantités de lieux. Il aimerait nous expliquer le monde, même si en 2h50 l’exercice est bien entendu difficile. Le film est trop chargé. Concentrez-vous sur un seul sujet Mr Nolan et faites comme votre vieux camarade Kubrick avec 2001 : Odyssée de l’espace (film que vous admirez). Lui aussi, prétentieux et orgueilleux, il aura tenté d’expliquer l’origine du monde en quelques heures. En revanche, Kubrick avait fait le choix de la contemplation et de la réflexion. Nolan quant à lui tente d’être le plus convaincant possible, il réclame notre adhésion.

Le plus agaçant avec Interstellar, ce sont les dialogues. Le film aurait été beaucoup plus digeste sans toutes ces phrases stupides, énoncées dès que le budget dépasse les 100 millions de dollars, afin de ménager le spectateur. Pour nous manipuler Nolan utilise des ficelles qu’il maitrise parfaitement : c’est son truc à lui. Lars van Trier ce sont les femmes hystériques et suicidaires, Nolan, lui c’est les puzzles. La comparaison est un peu moqueuse, mais sa formule est efficace. C’est captivant et le suspens fonctionne, jusqu’au fameux « Ah mais oui, j’ai compris ! » que certains spectateurs chuchotent dans la salle. Ce soulagement jouissif à la fin du film lorsque tout s’éclaircit est une expérience que Nolan aime renouveler, il en est satisfait. Le puzzle de Memento, de Following et d’Inception, c’était une partie de plaisir avant Interstellar. Dans Memento, Nolan a moins d’argent, alors il se concentre sur son sujet, se disperse moins, et c’est très bien.

Il y a cependant de jolies choses à retenir dans ce film. Nolan rend clairement hommage à Kubrick, c’est beau. Certains plans, sans complexe, sont des copiés collés mais pourquoi pas ! Les passionnés de science-fiction  et d’action y trouveront leur compte. A noter l’impressionnante interprétation de Matt Damon. La direction artistique est globalement excellente, le design du robot, les images interstellaires, les vaisseaux, qui restent sobres et ne sont pas surfaits.

A retenir aussi la musique envoutante du film de Hans Zimmer. Nous ayant déjà habitués à des musiques pesantes et hyper-émotives, il réalise ici un très joli travail, certes proche d’un style pompeux et largement dominé de violons mais la note est juste et envahissante. A juste titre, puisqu’il créé ainsi une impression de grandeur, à l’image de notre cher univers.

Le film reste tout de même un excellent divertissement. Malgré tout, je mets au défi quiconque de m’en reparler dans dix ans ! Et Nolan quant à lui, reste vraiment un garçon trop gourmand.

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