Jati Putra Pratama : L’ôde à la joie

La mine basse par les évènements terribles qui se sont abattus sur la capitale, l’équipe d’Art/ctualité a décidé de ne pas se laisser faire et d’aller de l’avant, de partager de belles choses, et surtout des artistes qui nous font du bien. Aujourd’hui, le designer indonésien Jati Putra Pratama nous régale de ses photographies oniriques; welcome on board.

La beauté illogique 

Nous avons beau retourner les images dans tous les sens, les références artistiques sont bien là, cachées et comme imperceptibles. Et pourtant rien n’est évident, et tout n’est que supposition. Ce membre du groupe Rsa-graphics envoie sur les réseaux sociaux du monde entier des visuels travaillés, retouchés et enfin sublimés. Il y a un « je-ne-sais-quoi » de Dali dans son travail, comme des univers parallèles qui nieraient la gravité et les échelles entre les hommes. Rêves ou fantasmes, nous voilà confrontés à des compositions surnaturelles, d’une folle douceur. L’usage des filtres Instagram sert grandement le message de l’artiste : c’est par eux que l’image devient l’illustration d’un songe. Cet acte de transformation est le point de départ vers les mondes imaginaires de Pati Putra Pratama. Dans le discours artistique de l’indonésien, le choix du filtre est donc omniprésent, et il semble l’utiliser de façon à orienter sa narration visuelle. 

Ses images, ce sont des cartes postales que l’on pourrait recevoir de nos proches. Mais des cartes postales légèrement différentes de la réalité.

Analyse symbolique des images

« Qu’est-ce que le beau ». C’est pas que l’on aimerait bien vous balancer tout ce que l’on pourrait dire sur le sujet, mais presque. Prenez votre Kindle, effacez Fifty Shades, ou le dernier Marc Lévy et télécharger Platon, Kant et Nikolaas Tinbergen pour avoir un aperçu du délire. 

Alors pourquoi les images de Jati Putra Pratama nous plaisent-elles en fait. Ce qui attire l’oeil dans un premier temps, c’est la vision harmonique d’une chose. Dans un second temps, le cerveau transforme la vision en émotion, nous devenons alors sensibles à un certain sens esthétique de l’image. Dans le travail du jeune indonésien, c’est cet esthétisme poussé à son paroxysme qui séduit. Les compositions sont harmonieuses d’un point de vue géométrique, équilibrées dans les jeux de lumières, et surtout surprenantes. Cette surprise, omniprésente dans son travail participe fortement à l’émergence du « beau » dans notre intellect. Même si chaque personne perçoit une beauté différente (cf Hume), il y aurait une certaine tendance à une « uniformisation » du « beau ». Orientés par des cultures, des époques et des civilisations différentes, il y aurait donc un certain consensus sur de « belles images ». Cela s’observe tous les jours dans nos sociétés occidentales à la vue d’un brunch shooté sur une plage américaine, ou à un chaton dans les bras d’un bellâtre. 

Jati Putra Pratama connait ces concepts et les codes actuels du beau. Il les maîtrise totalement, et c’est là le vrai talent, savoir ce qui plait. Nous pourrions nous plonger dans une étude approfondie de chaque image, mais chacun aura sa propre interprétation, c’est le principe du rêve.

Jati Putra Pratama voit  la vie en rose (en Nashville quand même), et ça fait du bien. Vraiment.

Crédits et sources photographiques : Jati Putra Pratama/ Rsa-graphics/Zeutch. 

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