Jazzy Bazz ou quand Paris bat la mesure

Le technicien de la nouvelle scène du rap français ne s’est pas perdu sur la route du 3.14, il nous revient avec P-Town, un album de 15 titres qui nous met en joie. L’apéritif du Roseau ou Fluctuat Nec Mergitur annonçait un hors d’œuvre varié, c’est un plat gastronomique que le parisien nous a servi le 26 février dernier.

Le fan de Kendrick Lamar, membre de l’Entourage et de la Cool Connexion, côtoie les petits devenus grands à l’image de Nekfeu, et compte bien se hisser à leurs côtés. C’est tout à fait probable, et on se demande pourquoi ce n’est déjà fait, une technique efficace, un flow original, des instrues vintages, Jazzy Bazz quitte le jazz pur pour un album qui oscille entre le rap du début des années 90, et les nouvelles sonorités modernes.

Du chill au titre qui donne envie de bouger, de 3h33 à 3.14 Boogie, la palette de l’artiste est développée et c’est ce qui fait son talent. Un univers particulier qui ne s’articule pas autour des productions d’autrui, un phrasé inimitable qui lui permet la création de sa propre communauté de fan, pour beaucoup il est l’un des meilleurs. Lorsque l’on entend quelques mots, des fragments de rimes, on reconnait.

Un album et des textes moins intemporels cette année, à l’image du titre Ultra Parisien qui fustige la nouvelle direction du Parc des Princes. On retiendra également le titre Amen bien plus mélodique, et qui pourrait même plaire aux bien-pensants qui assimilent le rap à une sous culture d’analphabète.

Si beaucoup avaient découvert Jazzy par l’intermédiaire du Rap Contenders, des clashs de rimes entre deux MC, ou des productions collectives de l’Entourage, il revient après plusieurs EP, bien en forme. P-Town est un album où la nostalgie a le rôle d’oxygène, un pessimisme ambiant et une atmosphère vraiment originale qui n’attendent plus que vous.

Crédit photo : from-paris.com

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