Kate Macdowell : Fragiles vanités

« Vanitas vanitatum omnia vanitas », tout n’est que vanité disait l’Ecclésiaste. Tout ? Absolutly darling, et surtout l’art. C’est par cette réflexion frontale sur la mort inéluctable qu’Art/ctualité vous présente sa dernière découverte, aperçue pour les connaisseurs depuis 2006, et qui revient en force en ce mois de mai avec ses nouvelles compositions en porcelaine, et en glaise, exposées lors de sa dernière exposition à Miami, en avril dernier.

Kate Macdowell est comme Nychos l’artiste-chirurgien, elle pense son travail autant comme une artiste, qu’en scientifique. Par sa vision romantique du monde qui implique des questionnements autour du changement climatique, de l’extinction des espèces, de la lutte pour survivre, et des modifications génétiques (eh oui, parfois c’est compliqué la vie des artistes, pour le fun et l’humour je vous renvoie à notre Son du Jour, ou à notre Top 5), elle offre au spectateur des créations uniques d’une facture exceptionnelle, comme à la Manufacture Royale de Sèvres. Ces pièces uniques posent un regard mélancolique sur notre rapport compliqué avec la Nature, et nous renvoient à une certaine réalité : tout fout le camp. Parfois anthropomorphiques, parfois délirantes et un peu repoussantes, les figures de Kate Macdowell nous offrent un panel complet des processus de transformations que l’on rencontre dans nos vies d’humains : la vie, la mort, le recommencement.

Centrées autour d’un monde animal, aussi utopique que réel (les oiseaux dans les poumons n’est pas une maladie humaine, le fœtus dans la grenouille etc.), ses travaux remplis d’une certaine poésie, donnent un résumé un peu chaotique de notre époque. Par ses excès, l’homme se détruit à petit feu, et la Nature guette pour reprendre le dessus et asseoir à nouveau son règne. Toujours montrée dans une vision fragile, la figure humaine est dévoilée comme un élément indispensable à la renaissance des espèces : elle sert de protection, de nourriture, et de lien à la reproduction pour les autres espèces. La terre, nécessaire à la fabrication de ces objets, est une ultime référence à la nature et à notre histoire ; technique millénaire, le travail de cette matière existait déjà du temps où l’homme se terrait dans les grottes, et où le monde animal dominait largement la planète. Ni obscènes, ni trash, les figurines de Kate Macdowell sont là pour nous rappeler à notre propre condition, nous ne sommes qu’un maillon fragile entre les espèces.

Venez observer d’encore plus près son travail, en allant sur son site internet qui, promis, ne vous donnera pas envie de tout lâcher pour habiter dans une yourte perdue en Finlande.

Crédits photo : Kate Macdowell

Les commentaires sont fermés.