KOREA NOW ! Craft, design, mode et graphisme en Corée

À l’occasion de l’année France-Corée (du Sud of course), le musée des Arts Décoratifs de Paris présente jusqu’au 3 janvier 2016 l’exposition Korea Now !… Aussi énorme qu’inédit, cet évènement culturel marque la volonté de proposer au public un très large aperçu de la culture artistique coréenne.  On est allé  y faire un tour et croyez-nous c’était dingue.

La scène artistique coréenne, une effervescence totale

Au coeur de la grande nef, la section Craft & Desing a pour objectif de mettre en avant la diversité et la maîtrise de l’artisanat coréen avec près de 400 oeuvres, aussi bien classiques qu’ultra contemporaines. En équilibre entre les techniques ancestrales et quasi-futuristes, cet espace clame haut et fort le talent de cette jeune génération qui perpétue les traditions de la péninsule coréenne. Que ce soit par le travail de la laque, de la céramique ou du papier, les oeuvres présentées subliment l’architecture, déjà grandiose, de la nef des Arts Décoratifs. Le regard du spectateur se pose alors sur une multitude de surfaces, et de matières, passant des services en terre-cuite au mobilier lustré et cintré à la vapeur. Un gros big-up aux céramiques longeant les Tuileries (en rentrant à gauche) avec le céladon et la porcelaine blanche de Kwon Dae-sup (ces énormes jarres aux formes épurées). Dans cet espace, c’est véritablement une ode à un art de vivre traditionnel qui est visible. Mesure et harmonie sont les maîtres mots de cet espace…

Quittons quelques instants la nef pour nous intéresser à la mode coréenne. Chapitre étonnant qui présente un panorama de la mode coréenne contemporaine, mais aussi traditionnelle. Après son essor dans les années 80, la création coréenne (majoritairement de Séoul), explose sur la scène internationale dans les années 2000, avec en tête de proue des créateurs comme Jin Tae-ok et Lee Young-hee. Les références aux années 50 américaines, aux mouvements punks occidentaux et, of course, à la K-Pop dont nos lecteurs sont fans (ha, ha). Sur les deux étages du « pavillon de la mode », le visiteur parisien est confronté à des créations surprenantes, voir déroutantes, tant par la coupe des modèles que par les couleurs. Outre la symbolique complexe liée aux couleurs en Corée, ce parcours fait sans cesse écho aux costumes traditionnels, mêlant ainsi avec brio un véritable choc visuel à une muséographie très organisée. 

Modernité et traditions : les inséparables

Dans la dernière section, celle du graphisme, le visiteur fait face à plus de 200 oeuvres, que ce soit des sérigraphies ou des ouvrages, qui montrent la fulgurante évolution de cette pratique artistique à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Reprenant les codes modernes, et plus anciens, le graphisme coréen sous l’influence de Ahn Sang-soo, un de ses pères-fondateurs, est juste hallucinant. Là les influences sont tentaculaires : Dadaïsme, poésie moderne, alphabet du XVème siècle, design occidental etc… Dans ce bouillonnement visuel les règles n’existent plus. Adieu, normes typographiques, et géométrie, et place à une création libre et novatrice. La jeune génération qui a bien étudié à l’école, est désormais connue sur la scène mondiale grâce aux travaux de l’atelier Practice et Therewhere, ou encore par les graphistes Park Yeoun-joo et Kim Bo-huy. Pour tous l’omniprésence de la tradition coréenne est en filigrane dans leurs oeuvres, ainsi certains vont jusqu’à recréer du papier hanji (fabriqué à la main selon une technique ancestrale), pour servir de support à leurs créations. 

L’art contemporain coréen fascine, et attise la curiosité du visiteur, qui parfois n’est pas forcément au courant des créations de ce pays, assez peu représentées en France. Ce choc des cultures offre cependant une vision très poétique et singulière de la Corée. De par son histoire, et sa place sur la scène internationale, la péninsule coréenne dispose d’un réservoir de jeunes talents dont la renommée et la créativité dépassent de loin les frontières de l’Asie. 

Vous l’avez compris, il reste encore quelques jours pour y aller, et pour changer votre billet d’avion initialement pris pour Berlin, pour aller à Séoul.

Crédits photo et sources  : Vogue UK/Musée des Arts Décoratifs. 

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