La chasse aux trésors du Magicien d’os

Le 16 mars au matin, la galerie d’anatomie comparée et de paléontologie nous ouvre ses portes un peu plus tôt que prévu. Au programme, une visite guidée avec Quentin Garel qui y expose des sculptures, majoritairement inédites, jusqu’au 12 septembre 2016, dans le cadre de son exposition « Le Magicien d’os ».

C’est un homme humble, intimidé et riant qui nous accueille sur les marches du Muséum national d’Histoire naturelle. Fervent admirateur de la galerie depuis sa plus tendre enfance, il n’aurait jamais eu la prétention de s’y projeter. Ce n’est pourtant pas faute d’avoir plus d’un intérêt commun avec le lieu qu’il affectionne tant. Amoureux des sciences et de l’art, envoûté par la perspective d’allier les deux, ce ressortissant de l’école des Beaux-Arts de Paris, et ancien résident de la Casa Velasquez, sculpte autour du trophée animal et du vestige paléontologique. Sensible au rapport entre l’homme et l’animal, Quentin Garel offre au public une envolée ludique à la conquête de ses œuvres.

Fondues dans la nuée de squelettes, une douzaine de sculptures anamorphosées aux noms d’inspiration latine et morphologique, attendent d’être détectées. C’est une véritable chasse aux trésors qui commence en extérieur et se poursuit dans les Galeries. Des crânes de félins, d’oiseaux ou encore de cétacés dénotent ou se coulent, nous échappent ou nous surprennent. La méprise vient du fait que son œuvre n’est ni tout à fait naturaliste, ni tout à fait fantasmée. Il y a une bascule entre l’objet scientifique et les déformations de l’imaginaire. Le goût du déjà vu embrasse la fascinante surprise.

Son matériau de prédilection ? Le bois de sapin, pour sa souplesse et ses veinures apparentes. Il le sculpte à la tronçonneuse, le polit, le sable et l’use. Le bronze et la fonte de fer sont aussi employés, davantage pour des raisons pratiques (météo, résistance …). Pour concevoir au mieux les volumes, Quentin dessine. Les Galeries gardent une trace de ce cheminement à travers le grand dessin exposé, « Palimpseste », où s’enchevêtrent sur papier toutes les sculptures de l’exposition. Contrairement au dessin, la sculpture nécessite d’envisager tous les angles, tous les points de vue, sans triche possible. De ce fait, Quentin explique que croquer ses futures œuvres lui permet de les appréhender avec précision et dans leur ensemble.

En résultent des sculptures pointues, délicates et multi-visages qui régalent un public curieux le temps d’un court voyage.

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