La destruction et la dispersion du patrimoine culturel lors des conflits armés

La sauvegarde du patrimoine des zones ravagées par les conflits armés est un sujet auquel nous accordons beaucoup d’importance. Nous sommes révoltés à chaque nouvelle destruction et écoeurés par ce marché noir grandissant, faisant de l’ombre de façon considérable au marché légal.

Pour ces raisons nous soutenons l’initiative de La Fabrique Juridique du Patrimoine Culturel. Cette association de Master 2 Droit du Patrimoine Culturel a choisi d’ouvrir le débat, d’analyser et de réfléchir ensemble au sujet. Le colloque permettra de se concentrer sur l’actualité mais aussi d’aborder la question sous un spectre plus large. L’association propose de soulever des questions tant juridiques qu’institutionnelles.

Il est important de se poser ce genre de questions, il est même primordial de se demander s’il est possible de conférer à ce patrimoine une immunité, et comment une telle action serait mise en oeuvre ? Comment les lois que nous pouvons mettre en place, si c’est possible, seraient effectives et applicables ? 

La journée se déroulera en 3 temps et permettra d’aborder ces trois points essentiels : 

  • Les Fonctions du droit international
  • L’intervention des acteurs « non étatiques »
  • La reconstitution et la reconstruction 

Question de droit

Le droit international est très complexe, surtout quand il s’agit de la sauvegarde du patrimoine. Chaque jour, nous voyons des temples tomber, des mausolées pulvérisés, des ruines antiques exploser. Mais comment protéger ces monuments ? Chaque pays connait ses propres réglementations, quand la terre entière est régie par d’autres lois. On ne peut pas interférer et faire valoir des droits dans certains pays. La protection et la sauvegarde du patrimoine, lors de conflits armés, est donc un sujet beaucoup plus complexe qu’il n’y parait. Car au-delà de la sécurité des édifices que nous souhaitons protéger, il en va de la vie des civils qui se trouvent dans ces pays. Lors de ces conflits armés, il faut gérer les dommages collatéraux, la population alentours, facteur primordial. Les pillages, le vol de certains artéfacts permettent aux groupes terroristes de s’enrichir, et cette alimentation d’un marché parallèle est un énorme facteur à prendre en compte alors. L’épuration culturelle est une autre facette qui doit être interdite, défendue et protégée par le droit international. L’épuration culturelle c’est cette destruction gratuite, et volontaire, qui vise à écraser la mémoire, l’Histoire, toute trace d’humanité d’une zone, voire d’un pays.

Le patrimoine peut être protégé, mais comment ? Par qui ? Comment ne pas exacerber les conflits entre deux états en tentant de protéger le patrimoine ? Comment éviter de créer de nouvelles tensions en voulant sauver ce patrimoine ? Est-il légitime pour un état de se positionner en sauveteur de patrimoine lorsque le conflit ne le touche pas ? Autant de questions auxquelles il est impératif de répondre si l’on veut parvenir un jour à empêcher la destruction d’oeuvres, de monuments et d’artéfacts. Mais surtout, avant d’empêcher cela, il est impératif et nécessaire de comprendre les tenants et les aboutissants concernant le droit international. Il faut connaitre ce qu’il est possible de faire, ce qui est réalisable, mais également ce qui ne l’est pas et pourquoi ?

Marché noir VS marché légal

La première chose qui découle de la destruction de patrimoine lors des conflits armés, est cette tendance au pillage et à la revente de certains objets. Ces pillages alimentent un marché parallèle qui est néfaste pour deux raisons : d’importants objets viennent à disparaitre du marché, et les prix pratiqués, et la non réglementation, affectent le marché légal des biens culturels. De plus, cette surmédiatisation freine parfois certains acheteurs à investir dans les antiquités orientales, de peur de posséder des objets pillés, ou pire encore, des faux. Pour éviter ce genre de risque l’UNESCO et l’ICOM établissent des listes d’objets pillés, et en interdisent la commercialisation pour ceux sortant de certains pays, (l’Irak, la Syrie par exemple), pendant une période donnée. Or, ces lois connaissent leurs limites, car encore une fois, si certains collectionneurs possèdent des objets venant de pays en guerre, objets qu’ils se seraient procurés bien avant que la guerre éclate, ils se retrouvent désormais dans l’incapacité de les vendre. Leurs biens sont dévalués, et perdent alors de leur intérêt. La perte de confiance de ces collectionneurs est de plus en plus grande, et le marché en pâti énormément. Les prix ne cessent de chuter, et ce depuis les années 90, les objets qui n’ont pas de documents explicitant clairement leur provenance, n’ont plus aucune valeur, à tort parfois. 

Autant de sujets auxquels il nous sera possible de débattre demain. Ce colloque est l’occasion de poser un regard nouveau sur ces questions, d’appréhender ces sujets avec beaucoup de recul, en essayant de réellement comprendre toutes les facettes du problème. Encore une fois, ces questions sont complexes, et soulèvent un nombre de problématiques énormes. Ce colloque sera l’occasion de débattre et d’éclaircir certaines de nos interrogations. 

On espère vous y voir nombreux aujourd’hui ! Rendez-vous à la Maison de Vente Fauve Paris, 49 rue Saint-Sabin, 75011 Paris, de 10h à 16h.

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