La grotte Chauvet ouvre ses portes pour la première fois

Vous rêvez de découvrir un endroit jusque-là tenu secret où presque personne n’a jamais mis les pieds ? Alors l’ouverture de la grotte Chauvet, ou plutôt de sa copie, devrait vous ravir. Depuis samedi dernier, il est désormais possible de s’aventurer dans cette galerie souterraine qui n’a jamais été ouverte au public en raison de sa fragilité, de sa beauté, et surtout de la difficulté à y accéder. Ses dessins pariétaux datent de près de 36 000 ans, ce qui en fait les plus anciennes oeuvres d’art connues au monde. Elle a été reproduite à l’identique à deux kilomètres de son emplacement originel, dans la région de l’Ardèche.

La grotte Chauvet a été découverte le 18 décembre 1994 par trois spéléologues au cours d’une ballade pas tout à fait comme les autres. Jean-Marie Chauvet, l’un d’eux, s’étonnait de la présence d’un courant d’air provenant d’un trou obstrué par un amas de pierres. C’est ainsi qu’il mis à jour l’entrée de la cavité. La grotte se révéla extrêmement bien conservée en raison de l’effondrement du porche d’origine qui en avait condamné l’accès il y a 21 000 ans. Elle tient aujourd’hui son nom de l’homme à l’origine de sa découverte. Pour éviter les erreurs commises à Lascaux, la décision de créer une copie a été rapidement acceptée. En raison d’une fréquentation touristique trop importante, une prolifération de champignons y a gravement détériorée les oeuvres originales.

C’est au terme d’un chantier de 30 mois, pour un coût total de 55 millions d’euros, que la grotte Chauvet s’expose enfin aux yeux du public. Le parcours est ponctué de dix postes d’observation. Sur ses murs, près de 1000 figures tracées au charbon de bois sur le décor naturel en calcite et en argile, dont 442 représentations animales. Ce bestiaire fantastique donne à voir des bisons, des félins, des ours ou encore des rhinocéros. Des oeuvres d’une qualité et d’une beauté impressionnantes, qui ont permis d’inscrire la grotte sur la liste du patrimoine mondiale de l’UNESCO. Interrogé par Le Monde, Jean Clottes, le premier préhistorien à avoir expertisé la grotte, témoigne : « C’est, de très loin, la plus grande caverne ornée connue dans le monde, parmi les sites les plus anciens de l’art pariétal ».

Désormais prénommée la caverne du Pont-d’Arc, la copie de la grotte Chauvet est considérée comme la plus grande reconstitution jamais organisée. Un travail long et minutieux a permis de recréer 3 000 mètres carrés de galerie sur les 8 500 mètres carrés existants. Pour ce faire, les spécialistes ont retenu les parois les plus riches d’un point de vue artistique et esthétique. Ils ont ensuite reconstitué les reliefs et les dessins dans leurs moindres détails à l’aide d’un procédé avancé de numérisation. Tout a été fait pour dissimuler le fait qu’il ne s’agit que d’un fac-similé. Les artistes ayant réalisé les dessins ont utilisé des pigments identiques à ceux trouvés sur place. Le public peut respirer les mêmes odeurs que celles de la grotte originelle. Même les ossements d’ours trouvés sur place ont été minutieusement reproduits.

Crédits : lemonde.fr

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