La petite fille qui avait avalé un nuage grand comme la tour Eiffel – Romain Puértolas (2015)

On change de genre cette semaine avec un autre livre « Feel good », censé redonner la pêche et le sourire. J’ai du mal avec ce genre (comme vous pouvez vous en rappeler, cf Laurent Gounelle) mais je ne peux pas rester indéfiniment fâchée avec lui. Enfin si, je peux, mais ce serait enfantin et je suis grande maintenant.

Romain Puértolas, auteur français, s’est fait connaître en avec son roman L’Extraordinaire Voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea (on doit lui reconnaître le côté original de ses titres) en 2013. Il revient cette année avec La petite fille qui avait avalé un nuage grand comme la tour Eiffel. Une jeune fille marocaine, Zahera, est atteinte de mucoviscidose et attend le retour de sa mère adoptive française, Providence. Celle-ci est coincée en France à cause du nuage de cendres, dû à l’éruption d’un volcan islandais, et fait tout son possible pour rejoindre le Maroc.

Est-ce que le livre m’a fait renouer avec le genre ? Suspense …

L’auteur a indéniablement un style qui lui est propre. Il carbure aux jeux de mots et aux images colorées toutes mignonnes. Le lire, c’est presque être entouré d’un nuage rose et porter une couronne de princesse sur la tête. C’est assez cohérent avec l’univers. Cette petite fille malade essaie d’oublier le mal qui l’habite et préfère peindre le monde avec des paillette, d’où un style très imagé. Malgré tout, ce style m’a un peu donné le tournis et je pense qu’il aurait beaucoup gagné à un être un peu plus sobre.

En fait, je ne peux pas trop vous parler du livre sans vous dévoiler l’histoire. Comme c’est le point fort du livre, ce serait dommage. Je peux vous dire en revanche que l’auteur possède une imagination fertile. Providence apprend tout de même à voler dans cette histoire. Le risque de ce genre de parti pris (en gros, tout est possible) c’est de perdre le lecteur dans un tourbillon de fantaisies. Associé à un style aux nombreux points d’exclamation, l’auteur y va à fond et oublie parfois que si lui sait où il va, le lecteur peut se lasser de ne pas comprendre. J’ai réussi à entrer dans l’univers simplement parce que livre est court, et non grâce aux qualités de l’œuvre.

Et je suis contente d’avoir tenu bon parce que au final …. c’est pas si mal. Contrairement à la plupart des livres du genre, celui-ci n’est pas donneurs de leçons. Il propose une histoire très mignonne sans être trop niaise. Les personnages sont assez touchants et la fin m’a satisfaite. Pour un livre aussi riche, la fin risquait d’être un problème. Mes craintes se sont vite dissipées et j’ai accepté sa conclusion sans problème. Je salue l’idée et reconnaît une certaine originalité.

Dans le même genre, je vous conseille plutôt Oscar et la Dame Rose de Victor Emmanuel Schmitt. A vous de voir.

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