La photo selon Thomas Serre

Il parait que les citations font toujours bon effet. Alors, sachant comment se tenir en société, nous commencerons ce billet de la sorte : « Une œuvre d’art n’existe en tant que telle qu’à partir du moment où elle est regardée ». Si nous avons emprunté ces mots à l’historien de l’art Nicos Hadjinicolaou, c’est pour vous parler de la dernière perle que l’on a découvert sur Tumblr. Celle-ci répond au doux nom de Thomas Serre et il faut vous le dire ce que vous regardez est une œuvre d’art.

Originaire de Londres, ce jeune photographe (et toujours étudiant) de 20 ans, qui vit à Paris, est un artiste résolument urbain. On le sent dans ses photos, la ville y occupe une place importante. En tant que cité, bien sûr, mais aussi comme créatrice d’espace. On le conçoit, ça peut paraître fou mais, la ville dévoreuse de surface est ici vue sous un autre angle : celui de l’espace que crée son architecture. La ville y apparait aussi comme vecteur commun des hommes et des femmes qu’il immortalise.

Toutefois, Thomas Serre réussit à faire sortir l’homme de la masse grouillante des villes. Par un jeu habile sur la profondeur, la hauteur, sur le rectiligne, il nous livre quelque chose de très direct, sans intermédiaire qui donne beaucoup d’air aux villes et une porte pour sortir de la foule. En empruntant celle-ci, on arrive vite à ces hommes, ces femmes, expérimentant une certaine solitude. Cette dernière n’est pas négative, au contraire. Elle est apaisante, le temps y est ralenti, on peut de nouveau respirer.
En fait dans ses photos, on prend le temps.

Pour terminer, nous n’oublierons pas deux choses. La première est de terminer, une fois n’est pas coutume, et histoire de boucler la boucle, par une dernière citation, de Malraux cette fois : « L’art c’est le plus court chemin de l’homme à l’homme ». Et ça, Thomas Serre l’a bien compris ! Alors, on vous laisse quelques photos, ainsi que l’adresse de son Tumblr. Faites-vous plaisir et faites-le découvrir à vos amis, vos familles, à tout le monde !

Les commentaires sont fermés.