La poésie moderne s’expose sous la Pluie Noire

Lucio Bukowski et Kyo Itachi arpentent les accords de jazz soutenus par un talent de beatmaker dans le quatrième album de Lucio « Kiai sous la Pluie Noire ».

C’est sous une pluie noire, que les plus belles strophes se pointent nonchalamment accompagnées d’une mélodie teintée de jazz. C’est peut-être l’inverse finalement. Sous une sombre averse, un éclat instrumental résonne et attire les rimes des poètes contemporains, les auteurs de la rue qui lisent le quotidien pour mieux le raconter. Lucio Bukowski s’allie à Kyo Itachi pour un album de la mi-novembre qui, comme d’autres, a eu le malheur de se pointer un vendredi 13. Kiai sous la Pluie Noire c’est une demi-heure de son disséminé en treize titres que l’on peut écouter en boucle sans aucune crainte.
Auteur, compositeur et interprète, le lyonnais Bukowski n’en est pas à son premier coup d’essai. Le membre du collectif l’Animalerie, rappe sur ses propres sons depuis un petit moment déjà. L’année dernière il s’exprimait « d’Un blues à l’autre » pour revenir illuminer cette fin d’année avec son comparse Kyo Itachi, qui s’attache à la production.

Il y a une référence nippone, dans cet album, qui rappelle notre défunt Jun Seba, Nujabes pour les connaisseurs, de par sa dimension instrumentale jazzy, simple, épurée et paradoxalement complète. C’est un rap conventionnel donc sur un beat mélodieux qui est présenté dans cet album, des thèmes qui font écho à Shurik’n, ou plus généralement à IAM, et à tous les artistes dont les textes ont une visée plus lointaine qu’une insulte éphémère balancée par-dessus bord.

Les titres relativement courts  expriment un énième spleen social avec une sonorité qui nous change de la trap commerciale du moment. Par ailleurs, le mix de l’album impose un filtre rétro, un style vintage qui pourrait être original sur quelques morceaux, mais apparait sur l’ensemble de l’album lui donnant une couleur particulière, et une étrange saveur par la même occasion. Un bel album qui peut s’écouter en mode chill à la maison, un album qui ne dit pas les choses par principe, mais préfère une voie parallèle, celle de la logique et de l’intelligence.

Crédit photo : dawgz.fr

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