La première vente aux enchères virtuelle et en 3D nous vient de Suisse

Le 24 juin prochain, se déroulera en Suisse la première vente aux enchères virtuelle d’une oeuvre d’art, chez Koller. Derrière cette avancée technologique se cache une start-up issue de l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne. Allez ! On va vous en dire plus.

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L’oeuvre de Lovis Corinth, Zinnien, datée de 1924, et estimée entre 324 et 462 000 euros, sera visible depuis chez vous, dans les moindres détails, jusqu’à la trame de la toile. Disponible sur poste fixe, sur tablette ou sur smartphone, cette application permettra de zoomer, de modifier l’angle d’éclairage du tableau jusqu’à obtenir des détails incroyablement précis, au millimètre près. Même si les musées ont été les premiers à s’intéresser de près à cette technologie pour permettre aux visiteurs de casser le côté lisse de la photographie, ce sont maintenant les maisons de ventes aux enchères qui se penchent de plus en plus sur cette nouvelle façon d’appréhender l’oeuvre d’art. Artmyn, la société qui a développé cette technologie, se félicite déjà du buzz crée autour de ce nouvel outil digital, qui va surement bouleverser l’approche esthétique et commerciale du marché de l’art.

Le processus est, sur le papier, assez simple. Le tableau est disposé sous une sorte de dôme composé de nombreuses LED. Celles-ci diffusent une lumière très pure, et complètement inoffensive pour la matière et la toile. Un appareil photo, très haute-définition, est alors utilisé au sommet du dôme pour saisir l’oeuvre dans son intégralité, et révéler ainsi les détails les plus précis. Ces prises de vues se font à différentes hauteurs, et sous différents angles, avant d’être compilées par de puissants algorithmes.

Le résultat, saisissant, fait immédiatement penser à Google Earth, et au Google Art Project. Zoomer sur l’infiniment petit bouscule la compréhension globale de l’oeuvre, et un peu comme Inception, donne l’impression d’avoir une image dans l’image elle-même dans une autre image. En partant du tableau de Corinth, on a vite l’impression de se balader entre des canyons escarpés d’une planète lointaine. 

Avec une navigation absolument fluide, le visiteur peut mesurer chaque détail depuis son plumard,* comme s’il utilisait un microscope dans un laboratoire. 

Même si, pour l’instant, il est trop tôt pour se prononcer sur l’influence de cette technologie sur le produit de la vente, il est certain que dans quelques années, la majorité des maisons de ventes aux enchères seront dotées de tels dispositifs afin qu’un acheteur à l’autre bout du monde, qui n’a pas vu l’œuvre, puisse l’admirer et s’en faire une idée comme s’il était en face d’elle.

Cette technologie pourrait permettre, enfin, de briser le  « plafond de verre » des enchères virtuelles (qui est d’environ 10 000 euros, et sur des domaines assez précis comme la photographie, les bijoux et les montres), pour s’ouvrir à des catégories où les sommes peuvent vite devenir astronomiques. 

Site internet de la maison de ventes aux enchères suisse.

Crédits photo et sources : Koller/Sciences & Avenir/ Artmyn

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