La Quête de Géön, Naragam (Tome 1) – Mike & Michaël Le Galli (2015)

Soyez prêt, je suis sur le point de vous lancer deux ou trois mots inventés de toutes pièces, par les créateurs de la BD du jour, Mike et Michaël Le Galli. Rappelez-vous comme vous aviez eu du mal à vous souvenir de tous les noms lorsque vous avez commencé Game of Thrones. Eh ben c’est un peu la même chose ici. On commence d’ailleurs assez fort avec le nom de l’œuvre : Naragam.

Geön est un petit Twörb qui vit au fin fond des marais de Jah’îm (je vous avais prévenu). Retenu en otage par une horde ennemie, il espère un jour quitter ce monde pour visiter l’Antique Cité des Primordiaux. Alors qu’il est chargé de surveiller le prisonnier Sajiral, le Derkomaï, une succession d’événements les libèrent de leur situation peu enviable. Ils s’enfuient ensemble pour rallier la dite cité, que Sajiral a déjà visitée par le passé, et dont il garde un souvenir ému. Leur duo est assez fascinant en ce qu’ils sont totalement opposés : Geön n’a jamais rien connu d’autres que ses marais, et est terrifié de les quitter. Il est naïf, incapable de se taire et aussi fragile qu’un nouveau-né. Sajiral, lui, est un guerrier farouche à la morale assez douteuse, qui marcherait bien en silence jusqu’à la cité Antique. Il a beaucoup voyagé, connaît le monde, et est constamment dérouté par la naïveté de son compagnon. Comme vous vous en doutez, ils commencent tous deux à s’entendre, et sans se jeter dans les bras l’un de l’autre dès le réveil, deviennent peu à peu amis.

On tombe dans le registre de l’Heroïc Fantasy, un genre qui divise les foules. Soit on aime, soit on déteste ! Je ne pourrai pas vous faire aimer la BD si ça fait des années que vous essayez de vous y mettre mais que, décidément, ça ne passe pas. Même ma plume enchantée ne pourra rien y faire.
Cela dit, je pense que vous passerez à côté de quelque chose. Bien que complètement différente de l’autre BD de cette semaine, Naragam lui ressemble en ce qu’elle est une bonne découverte, sans rentrer dans le classement de mes BD favorites. Disons que c’est une œuvre simple qui sans trop en faire, propose un univers qui a de quoi intriguer. Ce premier opus pose les bases de l’histoire, et introduit plusieurs pistes de développement sans trop les approfondir pour le moment.

Pour ce qui est du ton, il est difficile de répondre en quelques mots. Je vois de l’épique, de l’humour, de la fantaisie … et un côté glauque assez prononcé. Si l’on retrace l’histoire des deux protagonistes, on se rend compte que l’un a assassiné tous ses frères et sœurs, et l’autre a tué sa sœur, a vu toute sa famille périr, et était jusque à peu, tenu en esclavage. Un genre qui refuse de se laisser enfermer dans une case, c’est toujours ce qu’il faut attendre d’une œuvre, au risque d’être déçu sur la longueur. Cette variété promet de prendre le lecteur au dépourvu, et logiquement de donner envie d’aller voir la suite.

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