La renaissance de l’Arche

Une réplique au 2/3 de l’ancienne arche romaine détruite par l’Etat Islamique à Palmyre, en Syrie, a été inaugurée mardi 19 avril à Trafalgar Square, à Londres, à l’occasion de la World Heritage Week.

Impossible de la louper, tant par sa couleur que par sa forme. Cette arche romaine, visible par les habitants de Londres et par les touristes, est donc une réplique, légèrement plus petite que l’originale, d’un des nombreux trésors du patrimoine syrien détruits, lors de l’avancée de l’EI sur la ville antique de Palmyre.

Pour réussir à recréer cet élément architectural de 6m de haut et pesant 11 tonnes, les scientifiques, à l’initiative de ce projet, ont compilé des dizaines et des dizaines de photographies prises sur place, autant par des archéologues que par des touristes, du temps où le site était encore accessible. Compilées, ces données ont pu être transférées à un robot qui a ensuite taillé plusieurs blocs de marbre. C’est l’IDA (Institute of Digital Archaeology) qui est à l’initiative de ce projet visant à montrer jusqu’où le numérique peut aider à conserver un héritage culturel fragile. A défaut de pouvoir le faire sur place, les archéologues développent ces outils pour refaire vivre ce qui n’est plus. Fondé en 2012 par Roger Michel de l’Université de Cambridge aux Etats-Unis, cet organisme se veut comme étant une symbiose de l’archéologie classique et des nouvelles technologies numériques. Il a réussi à rassembler autour de ce projet des institutions, mais aussi des entreprises convaincues de son importance comme l’Université d’Oxford, d’Harvard, le Dubaï Museum of Future mais aussi Tor Art, l’entreprise qui a taillé les blocs de marbre. Le projet de l’arche de Palmyre se veut comme étant un exemple de ce qu’il est possible de faire, grâce à la robotique et aux images 3D, et ce modèle peut s’appliquer à n’importe quel édifice en péril, aussi bien à cause des catastrophes naturelles que par l’homme. Outre son côté protecteur dans l’immédiat, il permet aux archéologues et aux scientifiques d’appréhender d’une autre façon l’objet ou l’édifice, révélant parfois des caractéristiques inconnues jusqu’alors. 

Cette esprit collaboratif entre les diverses institutions culturelles et scientifiques fait certainement partie de la première ligne de défense du patrimoine artistique mondial, permettant enfin d’apporter un début de solution – maintenant que la technologie le permet – aux diverses crises que celui-ci subit depuis des décennies. Car il n’y pas eu que les crises syriennes et irakiennes, il y a eu aussi les Bouddhas de Bamiyan, ou encore les mausolées de Tombouctou…

Pour ceux qui souhaiteraient en savoir plus, voici une petite vidéo sur le processus d’usinage par la robotique de l’arche de Palmyre :

Crédits photo et sources : Industrie Techno/Digital Art Archaeology/France 24/NewsWeek

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