L’agence Magnum célèbre la ville Lumière

« Paris est une fête », « Paris est une solitude peuplée », les définitions ne manquent lorsqu’il est question de définir la ville Lumière. Phantasme qui fait rêver, le paradis sur terre ou bien, antre de débauche et synonyme de malheur, la capitale française ne laisse personne indifférent. L’hôtel de la ville de Paris, conjointement avec l’agence photographique « Magnum » expose en ce moment, et jusqu’au mois de mars, des clichés qui montrent le début du mythe parisien et son évolution au travers du temps.

La première partie de l’exposition est consacrée aux photographes qui ont crée l’agence Magnum, à savoir Henri Cartier-Bresson, Seymour et Robert Capa. Ces trois jeunes artistes, ont commencé à photographier la ville au début des années 30, et nous permettent, grâce à l’objectif de leurs caméras, d’être témoins de la transformation qui s’est opérée dans la ville, au cours de l’entre deux guerres. C’est à ce moment que l’image de Paris commence à se forger, le rêve et l’aura de la ville voient le jour, malgré les bouleversements qui l’ont changée à jamais; les premiers congés payés, le Front Populaire, le « krach » boursier qui a frappé l’économie mondiale, ce sont des années saccadées qui ont défini et crée l’archétype du « parisien ».

L’agence Magnum a été fondée après les années de guerre, en 1947 par Capa, Seymour et Bresson, tous les trois voulaient donner à la photographie une nature plus noble, la rendre artistique. Le but était de transposer une intériorité à travers un médium qui s’avère être complètement objectif. À partir de ce moment, les photographes ont fait des expériences avec leurs caméras. Multipliant les angles de prise de vue, ils ont joué avec la lumière et ont appris à saisir l’instantané, l’éphémère, pour montrer la capacité intrinsèque qu’a la photographie à nous dévoiler une réalité qui reste écrasée par le mouvement quotidien de la vie.

La libération de Paris, la résistance, les émeutes pour la libération de l’Algérie, la mini jupe, la nouvelle vague et finalement, les événements de mai 68 : Paris se métamorphose en ville moderne, et se fait photographier par des artistes de la taille de Marc Riboud, Elliot Erwitt, Josef Koudelka, Raymond Depardon, Leonard Freed parmi d’autres.

Entre temps, Paris est devenue un être de contradictions abritant dans ses murs des pôles opposés : la richesse la plus criante, et une pauvreté marginale. Les quartiers acquièrent des personnalités propres, ils se divisent, ce qui provoque l’enrichissement de la palette de couleurs dans la capitale. A partir des années 70, Paris se transforme en ville monde, conversion qui finit de s’opérer dans les années 90.
L’arrivée de la télévision a changé la manière dont les photographes ont travaillé l’image. Le lyrisme photographique n’est plus uniquement en noir et blanc, synonymes de l’élégance, la couleur s’émancipe pour devenir la « star » à partir des années 90.
Une petite partie des murs est décorée avec des photographies de grandes figures françaises comme Serge Gainsbourg, Foucault, le mime Marcel Marceau, Edith Piaf, Pablo Picasso et encore d’autres, personnages importants dans leurs domaines qui ont tous passé un temps de leur vie à arpenter les rues de la ville.

Paris émerveille, Paris, l’ombilic des limbes, ville changeante, géant incontournable, « Paris Magnum » ouvre les veines de la capitale et nous fait découvrir des parties inconnues et connues de cette mégalopole. L’exposition charme et contribue à perpétuer le mythe parisien.

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