Le Baiser d’Auguste Rodin possède désormais sa green-card

Le 16 février dernier, la société Binoche et Giquello faisait trembler Drouot lors d’une vente du soir mémorable. Le highlight ? Un bronze archi-connu du plus célèbre sculpteur français qui s’est envolé pour plus de 2 millions d’euros, avec les frais, de l’autre côté de l’Atlantique.

L’Amérique et Rodin ? C’est une grande histoire d’amour. Apprécié par les grands collectionneurs et par les artistes dès 1890, Rodin est devenu en plus de cent ans une référence sur le marché de l’art. Déjà du vivant de l’artiste c’était un bon business. Alors imaginez cent piges après ! Que ces bronzes soient fondus sous l’oeil de Rodin, ou qu’ils soient posthumes, ces objets d’art s’arrachent littéralement à travers le globe, avec une préférence pour le marché américain. Dernier cas en date avant notre Baiser ? Iris messagère des dieux vendu par Sotheby’s à Londres le 3 février dernier, pour 15,3 millions d’euros avec les frais, venant de la collection de Rocky Balboa, aka Sylvester Stallone qu’il avait lui-même acquis à la galerie Wildenstein de New York. 

Cette version du Baiser est donc issue d’une fonte posthume du sculpteur (1927), réalisée par Eugène Rudier, le fils d’Alexis Rudier taulier de la fonderie éponyme, et grand pote d’Auguste Rodin. Lors de la vente à Drouot, l’effervescence était palpable, et il y avait plus d’oseille dans la salle que dans un clip de Rick Ross. Deux enchérisseurs se sont démarqués des autres après le palier symbolique du million d’euros. Battle au téléphone, analyse de la salle et un hammer price à 1,7 millions d’euros, et donc 2,2 millions d’euros avec les frais. Avec ce prix, c’est le record du monde pour ce modèle qui tombe, devançant la version vendue par Sotheby’s en juin 2015 adjugée 2 millions d’euros (pour une version posthume). Ce richissime client américain, à l’identité secrète, est aussi reparti avec une version de l’Éternel Printemps de Rodin, autre modèle très couru de l’artiste pour presque 700 000 euros avec les frais. 

Il faut bien noter que pour les puristes, un bronze fondu du vivant de l’artiste restera toujours une oeuvre bien plus importante (et donc chère), que les autres. Une fonte ancienne du vivant de l’artiste, avec une patine d’époque, est le summum du chic. 

Pour information, un Baiser de l’époque de Rodin, a été vendu par Christie’s en novembre 2009 pour 6,3 millions d’euros frais inclus. Alors de là à dire que celui vendu par Binoche et Giquello est abordable

Crédits photo et sources : Musée Rodin/ Binoche et Giquello/ La Gazette Drouot/ Le Figaro.

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