Le Centre Pompidou se paye Télémaque

Le Centre Pompidou expose Hervé Télémaque jusqu’au 18 mai 2015.

L’exposition se situe au 4eme étage, dans la galerie d’art graphique et propose 74 œuvres dont des peintures, des collages, des dessins ainsi que des assemblages.
Le choix de cette galerie ne permet pas de rendre hommage à cet artiste emblématique du surréalisme. Et pour sa grande rétrospective, c’est dommage.

L’exposition est chrono-thématique. On commence par New York, puis Paris, la série des Objets, le Retour à la Peinture, les Collages, les Peintures et Assemblages, les Fusains, pour finir avec la Peinture récente.
Hervé Télémaque mélange au sein de ses compositions, les objets de la culture populaire avec ceux de la société de consommation. C’est un mix qui plaît, et qui se veut un « court-circuit-visuel ».
Les œuvres présentées sont colorées, emplies de symboles. Les motifs sont sans-dessus-dessous, et les formes se mélangent joyeusement. Il est impossible de ne pas ressentir l’influence marquante de l’expressionnisme abstrait et de l’Amérique. Très présents dans ses premiers travaux, mais également tout au long de son œuvre. Même ses fusains aux corps décomposés peuvent faire écho à ce mouvement.
L’exposition permet de retracer la vie et le travail de l’artiste, bien que la scénographie soit trop simple, voire maladroite. Chaque œuvre parait esseulée sur les grands murs blancs, presque perdue. Un tout disparate, les démarcations de sécurité noires jurent avec le sol, les murs ici et là sont parfois orange, le travail n’est pas mis en valeur.
Au début de l’exposition, on nous décrit l’artiste comme un être passionné, qui a soif d’art, de création, de couleurs, et qui souhaite communiquer. La mise en scène de l’exposition ne reflète clairement pas ce message, on ne reconnaît pas là, l’artiste. On se croirait dans un immense labyrinthe vide, et que, pas touche, on nous offrirait des œuvres !
Certes, 74 œuvres est un petit nombre. Mais justement, le scénographe aurait pu jouer habilement avec ce chiffre, et faire de chaque pièce un moment unique, un instant privilégié entre le spectateur et l’artiste.

Malgré cette muséographie décevante, l’exposition est à voir car de merveilleuses œuvres ont été accrochées spécialement pour l’occasion.
L’artiste a donné, généreusement, un grand nombre d’œuvres au Centre Pompidou, car il était important pour lui que les pièces exposées soient en majorité en provenance de collections publiques.

Crédits photo : Portrait de l’artiste, 2014 – Philippe Migeat, Centre Pompidou

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