Le comte de Neville d’Amélie Nothomb

Petit bijou de cette rentrée littéraire 2015, Le Comte de Neville d’Amélie Nothomb ravira les amateurs d’histoires saugrenues. Dans ce court récit, Amélie Nothomb relate l’histoire d’Henri, comte de Neville, noble ruiné et sans le sou, devant inéluctablement se séparer de son château. Ceci ne l’empêche pas, cependant, de recevoir avec l’intention ferme d’épater une ultime fois la galerie. Or, cette fois, notre protagoniste sera hanté par la prédiction qu’une voyante lui a faite : il tuera un de ses convives (petit clin d’œil au célèbre Crime de Lord Arthur Savile, pour les connaisseurs).

Le problème d’Henri est le suivant : en tant qu’aristocrate, il ne peut tuer son invité n’importe comment, car oui, même chez les aristocrates, le meurtre a ses règles : la préméditation est trop grossière, indigne de son rang, alors que tuer un individu dans un accès de colère, c’est le chic même. 

Aussi déjanté que jubilatoire, le nouveau roman de Nothomb remplit toutes ses promesses. Du Nothomb concentré dans une centaine de pages avec la même finesse, le même humour et un talent sans pareil lorsqu’il s’agit de croquer une classe sociale. L’histoire du comte de Neuville en devient une délicieuse et délicate fantaisie avec en prime de jolis pensées et d’aphorismes sur la vie, le lien social, l’insomnie ou encore le suicide avec pour toile de fond Oscar Wilde. 

Un joli moment de lecteur que l’on voudrait faire durer. Est-ce un crime d’en redemander ?

Le crime du comte Neville est paru aux éditions Albin Michel, le 19 août 2015.

Avis : 8/10

Ella Kefi

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