Le coup de pouce du mélomane #6

Le rap est-il une caresse ? Douce lampée d’hydromel
Long soupir d’une demoiselle androgyne accidentelle
Laissons les gangsters se travestir le samedi soir
Adulés par des gosses qui fument des clopes au chocolat
L’aube est déjà sur les toits je la sens bien tranquille
Leur spleen est à l’abri du pire des bidonvilles
La perle est rare elle esquive tous les racoleurs
Pendant ce temps ils cherchent midi à quatorze heures
Les sérénades crient « scandale » aux homélies hebdomadaires
Soif du pire pour se prouver qu’ils sont téméraires
Les ados s’égosillent face aux mines déshabillées
Car les hymnes sont des inepties dévoilées dans les égotrips
Puissent-ils partager les coups de pouce du mélomane
Leurs mélodrames sont autant de sketchs que j’ai à proposer
De sujets d’exposés qui font s’envoler mes courtisanes
Verront-ils l’horizon à travers des vitres teintées?

N’essayez même pas d’utiliser ce texte venu tout droit de la subtile et innovante psyché de votre mélomane adoré sinon je vous envoie mes avocats et j’en parle à la SACEM.

Comme dit Akhénaton qui m’a forcément reconnu au premier rang de la Gaité lyrique vendredi dernier: J’aime le rap et le rap m’aime, parlons en justement…

Le RAP

Acronyme pour les uns, argot noir américain pour d’autres, Rythm’ And Poetry laisse sa place au verbe To Rap qui signifie bavarder sur un fond rythmique. Au final c’est le même principe, c’est pas non plus un débat philosophique et littéraire sur le dernier bouquin de Marc Levy.

J’ai souvent pour habitude de me balader dans les ghettos américains lorsque j’ai du temps libre, en général je finis en caleçon et sans téléphone portable, mais de temps en temps je tombe sur un brooo qui me parle de musique. Il me dit « Yo what’s up nigga tu sais le rap est né dans les 70’s lorsque les Maîtres de cérémonie, les MC’s quoi, lâchaient des couplets rimés sur du vrai hip-hop ». Puis il me parle de lui: « Au début on s’opposait au pouvoir, aux keufs, à la justice. On posait sur des beatbox (des gars qui font poum poum tchak avec la bouche) et on parlait de nos fantasmes, voitures, billets, biatchs… la vrai vie quoi ! Le problème c’est que les gens faisaient souvent l’amalgame, entre ce qu’on disait et ce qu’on était réellement, et du coup, les jeunes qui se mettaient à rapper devenait réellement ces personnages sans s’en rendre compte ».

Si le rap est un style musical, le Hip-Hop est une forme culturelle qui regroupe la danse, la musique, le graff etc…Les rappeurs se différencient par leur façon de chanter, on appelle cela le flow. C’est la présence de la grosse caisse et de la caisse claire qui est la première caractéristique du rap, tout comme les syncopes relatives au style funk des années 80.

Si aujourd’hui les rappeurs commerciaux sont numéro deux du classement des personnalités préférées du Journal de Mickey (True Story), le rap a souvent une mauvaise image du fait de ses aspects urbains violents. L’Egotrip et le rap conscient, côtoient des poèmes mis en rythme par des DJ, qui utilisent souvent des samples, c’est-à-dire des portions de morceaux déjà existantes et retravaillées.

Différents types donc, mouvement contestataire pour certains et humour pour d’autres, la mode est à l’egotrip dans lequel des punchlines ultra-violentes, au caractère sexuel explicite, se succèdent sans finalité obligatoire. Il ne s’agit pas de raconter quelque chose, mais de s’affirmer en tant que personnage fort, viril pour les hommes et forcément meilleur que les autres. Bref tout fout le camp…

Credit photo : Influencia.net

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