Le design au bout du canon

L’AK-47 est omniprésente dans la culture mainstream. Cinéma, jeux vidéo, pièce de monnaie (du temps de l’URSS), elle est également présente sur le drapeau du Mozambique et du Hesbollah. Cette arme russe, dessinée par Mikhaïl Kalachnikov après la Seconde Guerre mondiale, a fait de lui un des hommes les plus décorés de l’ex URSS et de Russie, est un symbole des différentes luttes armées à travers le monde.

Mais cette fois-ci, au lieu d’appartenir à une milice sanguinaire, la voici présentée sous une nouvelle forme. Utilisant de véritables armes qui ont été assemblées à une armature de métal, ces fauteuils imaginés par Rainer Weber sont pour lui un hommage à l’inventeur russe, une réinterprétation  inoffensive d’un produit destructeur. Façonnés entre Vienne et Venise, ils ont entièrement été montés à la main, jusque dans les moindres détails du siège et des accoudoirs. Brodés, polis, cousus sur mesure, Weber semble avoir voulu adapter le savoir-faire des grandes manufactures en détournant une arme de guerre, mélangeant les styles, pour obtenir un résultat vraiment surprenant.

On se demande alors qui pourrait les avoir dans son salon ? Un chef d’état africain en poste depuis 50 ans ? Un baron de la drogue ? De tels fauteuils pourraient-ils être intégrés à une collection muséale sans choquer ? Pas évident du tout, surtout avec la psychose générale dans laquelle l’Europe est plongée depuis plusieurs mois. Sur cet artiste les critiques sont totalement binaires. On crie au génie ou à l’imposteur, au mauvais goût ou au style le plus contemporain. Pas évident de se faire un avis sur un objet pareil n’est-ce pas ?

Crédits photo et sources : James Edition/ Rainer Weber

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