Le graff vu du ciel

Voici la liste des mots-clés de cet article : whisky, Rio, photographie, espace, graffiti et record. Pour faire simple, la célèbre marque de spiritueux Ballantine’s joue ce mois-ci les mécènes en donnant un coup de pouce à l’artiste INSA pour mener à bien son projet de créer le plus grand Gif du monde, rien que ça.

Pour ceux qui parcouraient le désert de Gobi ou qui vivaient sur une île déserte depuis presque 30 ans, le Gif est un outil informatique permettant d’obtenir de courtes animations interactives, où l’on peut modifier la vitesse de défilement des images. Le plus souvent le Gif est utilisé pour des fins humoristiques ou pour illustrer une idée ou une émotion en reprenant l’adage « une bonne image vaut mieux qu’un long discours ». Dans le cas présent c’est autre chose, le projet est littéralement stratosphérique. Je m’explique : INSA débarque à Rio de Janeiro dans le but de créer une performance jamais réalisée et d’appliquer sa découverte autour du Gif-iti mêlant comme vous pouvez le voir Gif et graffiti.. Pour cela, il s’inspire de la ville et commence à noircir ses carnets et à travailler sur son ordinateur. Petit à petit des courbes apparaissent et l’on s’aperçoit que le graffeur nous prépare une animation autour… de cœurs jaunes et roses, symboles d’unité et de paix. Pourquoi pas après tout ! Voilà l’image du graffeur-vandale-délinquant qui se rétrécit à vue d’œil.

A la tête d’une véritable armée de collaborateurs, il met en place son projet sur un immense terrain de 57 515m carré entre la marina de Rio et le Pain de Sucre, histoire d’avoir quand même un point de vue plus que sympa. Le but est simple : peindre sur la totalité de la surface un motif gigantesque pour qu’un satellite passant tous les jours à une heure bien précise au-dessus de Rio puisse prendre une photographie de celui-ci, et recommencer l’opération en changeant le motif 4 fois sur 4 jours. Pas moins de 576 heures de travail cumulées ont été nécessaires à la réalisation de ce projet pharaonique pour aboutir à un record du monde ! Les coulisses de l’aventure se trouvent dans la vidéo du projet, dans les photos postées au fil des jours sur le site d’INSA et sur ses profils sur les réseaux sociaux. En voyant ces images on est bien sur impressionnés, mais très vite notre cerveau tique : la performance est incroyable certes, mais on sent l’ENORME soutien sur-place et en post-production offert par Ballantine’s à l’artiste. En soit ce n’est pas plus mal, mais la vidéo rappelle quelques bandes-annonces de Michael Bay : orchestre, caméra sur l’épaule, satellites, tension cinématographique etc. Tout comme Redbull et ses shows sportifs, Ballantine’s a choisi une image « cool » pour se rendre attractif auprès d’un jeune public tout en permettant la réalisation d’un très beau projet. Alors, pari réussi ?

Site de l’artiste
Crédits photographiques : INSA

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