Le Hollandais Volant : Daan Roosegaarde

Cette semaine tout le monde est « charrette », entre les partiels, les dépôts de mémoire, les après-midis bloqué au bureau devant un fichier Excel moche, il est temps de se détendre un peu, et de se remplir les mirettes de douceur.

Si vous êtes déjà allés à Amsterdam pour admirer les chefs d’œuvre du Rijks ou du Musée Van Gogh, vous avez sans doute remarqué cette vaste étendue d’herbe, où les jeunes français venus se détendre avec des produits récréatifs à base de tétrahydrocannabinol se rendent : le Museumplein. Place du musée en néerlandais, cette gigantesque surface abrite en son centre un bassin en face du Rijksmuseum, le nouveau terrain de jeu de Daan Roosegaarde. Patron du Studio Roosegaarde, Daan est un habitué des performances artistiques visuelles, en lien avec les grandes institutions (la Tate Modern, le National Museum de Tokyo ou le Victoria and Albert Museum) autour du travail de la lumière et des corps. Dans son nouvel opus intitulé Waterlicht, il a pu prendre, pendant trois nuits, possession du Museumplein pour faire découvrir au public amstellodamois sa toute dernière création.

Aucun hasard dans le choix de son installation mêlant lumière bleutée et fumée. Amsterdam, ancienne puissance maritime, était le porte-étendard au XVIIe siècle d’une Hollande au sommet de sa gloire. De ses ports arrivaient épices, porcelaines, armes et bijoux venus d’extrême orient pour le plus grand bonheur des marchands hollandais. C’était l’époque de la Compagnie des Indes Orientales (Vereenigde Oost-Indische Compagnie), un des symboles de l’impérialisme hollandais sur terre et sur mer, mais aussi du développement des chantiers navals des Pays-Bas. Dans la performance de Daan Roosegaarde, il n’y avait aucun navire visible, mais impossible de ne pas saisir la référence face à un lieu aussi chargé d’histoire qu’est le centre d’Amsterdam. En utilisant des projecteurs et de nombreuses L.E.Ds bleues, il a pu recréer sur la terre ferme un océan artificiel pour donner au Museumplein un caractère surréaliste. Situées à environ 2m50 du sol, de vastes volutes de fumées teintées par les lumières bleues disséminées autour de la place, donnaient l’impression d’être perdu entre ciel et mer. Visible uniquement à la tombée de la nuit, le résultat était encore plus troublant : vu du dessus, le trompe l’œil était parfait, et le spectateur observait les sillons bleutés parcourir l’étendue menant au Rijksmuseum, à la manière d’un torrent artificiel ; mais vu de dessous, les repères visuels perdaient vite leurs sens, le ciel et les nuages, l’eau et les vagues plaçaient le spectateur dans une bulle naturelle l’isolant complètement, un voyage détendu dans les limbes…

Son installation était visible du 11 au 13 mai 2015 à Amsterdam, mais on vous conseille de jeter un œil à son site qui regroupe la totalité des performances du collectif pour guetter la prochaine !

Site du Studio Roosegaarde

Crédits et sources photographiques : Studio Roosegaarde/ING Netherlands.

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