Le Louvre perd ses réserves

 

Le musée du Louvre va voir ses réserves délocalisées à plus de 200 km et ce, malgré l’opposition de ses conservateurs.

Le 10 octobre 2014, 42 conservateurs du musée du Louvre ont adressé à la Ministre de la Culture, Fleur Pellerin, et au Président du musée, Jean-Luc Martinez, une lettre restée sans réponse.
La crue centennale de la Seine représente, depuis plus d’une dizaine d’années, un risque réel auquel une partie des réserves du musée sont exposées. Malgré la prise de conscience du péril, aucune solution n’a été trouvée, sauf le déménagement de l’intégralité des réserves, et pas seulement celles exposées à la crue, à plus de 200 km du Louvre, à proximité du Louvre-Lens, à Liévin. La lettre des conservateurs, à laquelle se joint le soutien d’une très grande partie du personnel scientifique étranger, a été lettre morte. La ministre a répondu le 28 octobre, en réaffirmant la nécessité du projet, et l’impossibilité de trouver une meilleure solution au problème.

Le déménagement des réserves à Cergy a été abandonné en 2012, par Aurélie Filippetti, à cause du coût trop élevé. La proposition des conservateurs pour une nouvelle, et sûre, localisation des réserves exposées au risque inondation, concernant le site désaffecté du musée des Arts et Traditions Populaires, au Bois de Boulogne, n’a même pas été entendue. On se demande pourquoi avoir des conservateurs si leur compétence scientifique n’est pas considérée ? On se demande pourquoi priver un musée, pour ne pas dire LE musée, de ses réserves ? On se demande pourquoi construire un musée sans collection ? On se demande en effet beaucoup de choses, et apparemment, pas les mêmes que la Ministre de la Culture. Didier Rykner, sur la Tribune de l’Art, propose non seulement une éclairante analyse du problème, mais offre son soutien à la cause en publiant la pétition qui a été mise en ligne pour bloquer le projet.
Le Louvre-Lens sans collection, le Louvre sans réserve. N’y aurait-il pas, quelque part, un lien entre ces deux constats et la décision, absurde sous tous les points de vue, scientifique, financier, patrimonial, de déménager les réserves du plus grand musée au monde à 200 km de distance!
Joignons notre soutien à la cause et signons!

Nous concluons notre « J’accuse… ! » par une citation de la lettre des conservateurs à la Ministre de la Culture et au Président du musée : « Un musée sans réserve ne vaut rien de plus qu’un avion sans réacteur : c’est beau, ça brille, mais ça ne bouge pas. »

 

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