Le magicien de Whitechapel – Benn (2015)

Un peu de magie cette semaine avec l’histoire d’un homme que l’on oublie dès qu’il disparaît de note champ de vision. Oui, c’est une image pour la BD de cette semaine. Continuez, vous allez comprendre.

Benn, auteur et dessinateur belge, entame avec ce premier volume, une trilogie autour de la vie de Jerrold, beau parleur en quête de reconnaissance. La BD s’ouvre en 1887, fait un long détour par le passé, puis revient en 1887 pour les dernières pages du récit.

Jerrold Piccobello travaille comme prestidigitateur à Londres. Il se fait jeter comme un malpropre au cours d’une audition, alors qu’il se considère comme l’un des meilleurs de la ville. Déboussolé, il retourne sur les lieux de son enfance, un théâtre désaffecté. Jadis un endroit de fête, ce dernier a été ravagé par un incendie. Jerrold y trouve refuge pour quelques heures et nous raconte son enfance. Son père, un « grec » (un tricheur) s’est fait descendre après un coup de trop, alors que Jerrold et sa sœur étaient encore enfants. Devenus orphelins, ils sont pris en charge par des amis de la famille qui les élèvent dans un théâtre, leur donnant l’occasion de côtoyer toutes sortes d’artistes, notamment des prestidigitateurs. L’un d’eux va profondément marquer Jerrold qui partira avec lui pour devenir, à son tour, un homme aux gants blancs et à la cape noire au revers rouge.

J’ai pris plaisir à lire la BD sur le moment : les dessins m’ont plu, les personnages, l’intrigue … Et puis deux heures après, je l’avais presque oubliée. La BD ne m’a laissé aucune impression, aucune sensation, positive ou négative d’ailleurs. Je l’ai juste … oubliée.

Pourtant, elle est assez bien fichue. Benn a un style de dessins assez particulier qui donne une impression brouillon aux images et qui m’a bien plu. Les personnages sont assez bons, bien développés, avec de réels enjeux et motivations. L’histoire n’est pas mal, sans être extraordinaire. La seule chose que j’ai retenue de la BD, est l’atmosphère dans laquelle elle baigne, et qui laisse croire que tout peut arriver à n’importe quel moment. En fait, toute l’histoire est tournée autour de l’ambiance magique de ce Londres du 19e siècle, un brin mystérieux, un brin sombre. Au cœur de cette histoire, l’auteur a placé quelques personnages, qui se laissent porter par cette aura particulière, sans s’affirmer ou marquer les esprits.

Je n’ai pas grand-chose d’autre à dire sur la BD, qui ressemble plus à une longue étape d’introduction d’une trilogie, qui peut-être, saura plus judicieusement profiter de cette impression un peu étrange par la suite.

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