Le mensonge triomphe au Théâtre Edouard VII

La vérité est-elle toujours bonne à dire ? C’est la question qu’Évelyne Bouix pose à Pierre Arditi dans la comédie Le Mensonge, actuellement présentée au Théâtre Édouard VII. Annoncée comme le phénomène de la rentrée, la pièce de théâtre interroge le spectateur sur son rapport à l’autre. En effet, qui n’a jamais menti pour éviter de blesser un être cher ?

La pièce démarre en début de soirée, dans un appartement parisien. Paul et Alice forment un couple en apparence unis. La discussion et la réflexion y tiennent une place importante. Ils s’apprêtent à recevoir pour le dîner Michel et Laurence, un couple d’amis, quand Alice décide tout à coup de tout annuler. Devant l’insistance de son mari pour connaître la raison de ce revirement, elle lui avoue avoir aperçu Michel embrasser une autre femme dans la rue. Or, elle se sait incapable de garder sa langue après de Laurence, qui partage la vie de Michel depuis plusieurs années.

S’ensuit un dialogue tantôt doux, tantôt violent, au cours duquel Paul tente de convaincre sa femme de ne rien révéler à son amie trompée. Tandis qu’il défend le principe de « délicatesse », qui veut que le mensonge soit parfois bon en amitié, pour le bien de tous, Alice s’interroge : quelle attitude adopter ? En tant qu’amie, est-il de son devoir de dire la vérité à Laurence, ou est-il préférable de la laisser dans l’ignorance et de ne pas s’immiscer dans sa vie privée ? La comédie joue avec subtilité sur les notions de vérité et de mensonge, quitte à embrouiller le spectateur confronté à la propre confusion des personnages. Une série de rebondissements fait prendre à la pièce de théâtre un tournant complètement imprévu, qui ne fait que renforcer le trouble entre ce que les personnages se disent et ce qu’il s’est vraiment passé.

Pierre Arditi campe avec aplomb un personnage tour à tour caressant et agressif envers sa femme, qu’il essaie, de toutes ses forces, de rallier à son raisonnement. Aucune fausse note pour cette prestation toute en finesse. De son côté, Évelyne Bouix, sa compagne sur scène comme dans la vraie vie, interprète de manière réussie une femme en proie aux questionnements, prête à toutes les manipulations pour obtenir de son mari la vérité. L’intonation de sa voix, qui se rapproche parfois trop des cris, fait toutefois perdre un peu de vraisemblance à sa prestation. Les deux jouent au chat et à la souris, chacun attendant que l’autre tombe dans son piège. Mais au final, c’est bel et bien le spectateur qui s’empêtre dans les filets que les personnages ont tissés tout au long de la scène.

Crédit photowww.parismatch.com

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