Le musée océanographique de Monaco expose Gérard Rancinan

Comme tous les ans, Monaco se prépare à accueillir le Grand Prix de Formule 1. Les estrades et le circuit sont en place tandis que le prix des places s’envole sur le marché noir. Tous les touristes ayant 200 euros à débourser de leur poche, pour obtenir un emplacement en tribune, se réuniront bientôt pour voir passer devant leurs yeux, le temps de quelques secondes seulement, des voitures vrombissantes. Mais ce que ces touristes ignorent, c’est qu’à quelques pas de là se tient une exposition qui vaut davantage le détour qu’un simple rugissement de moteur. Le musée océanographique de Monaco nous fait découvrir jusqu’au 8 juin, l’exposition « Another day on earth » qui présente le travail conjoint de Gérard Rancinan et de Caroline Gaudriault sur le thème de la mer.

Gérard Rancinan, photographe français qui a obtenu à quatre reprises le prestigieux prix World Press Photo, est connu pour son détournement de grandes scènes collectives, minutieusement composées, qu’il traite avec humour. Son oeuvre la plus célèbre, « Le radeau des illusions », date de 2008. L’artiste y reprend la composition de la toile de Géricault « Le radeau de la Méduse », pour la traiter à l’heure de la modernité. Il reprend la même construction des corps en pyramide, et les mêmes postures des personnages, tout en y introduisant des symboles de grande consommation, tels que les lettres du mot « Hollywood » qui se détachent à l’horizon. Comme si le rêve ultime des naufragés était de se rendre sur la terre promise, alors qu’un bateau salvateur apparait au même endroit dans l’oeuvre originale. C’est cette toile qui accueille le visiteur à l’entrée du musée, à la manière d’une promesse des beautés à venir.

Au sein de l’immense complexe dédié à la faune et la flore sous-marine de Monaco et du reste du monde, une salle entière est dédiée au travail des deux artistes. Il s’agit du Salon d’Honneur. Les oeuvres sont imprimées sur des bâches blanches monumentales suspendues au plafond, ce qui leur donne l’impression de flotter tout en s’accordant au thème marin. Sur ces bâches, une série de photographies immortalisant l’horizon de l’océan dans des nuances mélancoliques de gris. Il s’agit de l’océan du Sud-Ouest de la France, la région dans laquelle l’artiste a grandi. Si l’angle demeure le même, les photographies dévoilent le même océan à des instants différents. En été ou en hiver, par beau temps ou par mauvais temps,… L’ensemble dégage une grande sérénité et invite à la méditation.

Dans un coin de la salle, une installation visuelle et sonore donne à voir un ensemble d’écrans suspendus dans les airs à différentes hauteurs. Chacun d’eux montre une courte vidéo de vagues se brisant sur la plage. En fond sonore, le roulis marin berce les oreilles. Un peu plus loin, des messages calligraphiés à l’encre de Chine sur de petits papiers suspendus dans les airs, distillent des proverbes dans toutes les langues sur le thème de l’océan et de la mer. C’est le travail de l’écrivain Caroline Gaudriault, qui s’est inspirée des photographies réalisées par Gérard Rancinan pour proposer sa propre vision de l’univers marin. L’ensemble forme un havre de paix et de tranquillité qui ressource l’esprit et pose la question de l‘immensité de la nature face à la petitesse de l’homme.

Crédits photo : www.arts-spectacles.com

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