Le repas des Fauves

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Dans le métro parisien, nous avons souvent fait l’expérience de situations embarrassantes. Comme par exemple, voir un jeune malotru s’assoir sur un strapontin juste sous le nez d’une petite et frêle mamie. Ou encore se faire littéralement expulser du wagon lorsqu’il y a trop de monde. Ces expériences nous révèlent l’égoïsme de l’Homme. Je vous emmène donc au théatre, pour observer de façon beaucoup plus poussée, ce que l’homme est capable de faire pour sa survie.

“Le repas des fauves” est une pièce jouée au Théatre Michel. Elle est tirée de la nouvelle de Vahé Katcha, écrite en 1960 et, elle est mise en scène par Julien Sibre.

L’action se situe en plein Paris, pendant la seconde guerre mondiale en 1942. Un dîner d’anniversaire est organisé par un couple, invitant cinq de leurs amis. Le dîner commence dans la bonne humeur malgré l’austérité de l’époque : les produits du marché noir sont présents et les blagues vont bon train. Au milieu du dîner, deux soldats SS sont tués en bas de l’immeuble. La gestapo envahit alors l’immeuble : pour venger la mort des deux officiers, ils prennent au hasard, deux personnes par appartement. Lorsque l’officier entre dans l’appartement, il s’avère qu’il connaît le propriètaire: il prend la décision perverse de leur laisser choisir les otages.
A partir de ce moment, les vraies personnalités vont petit à petit se réveler. L’instinct de survie va devenir plus fort au fur et à mesure que la pièce progresse. En passant de la tendresse, à la colère, jusqu’à la corruption, certains emploieront tous les moyens pour échapper à la mort. La mauvaise foi sera également au rendez vous, tout comme les préjugés et la lacheté de certains.

Le rire fait partie intégrante de la pièce. Les stratagèmes, plus incensés les uns que les autres, sont inventés par les protagonistes. On peut clairement voir leur raisonnement s’étaler sous nos yeux. Les machinations sont immorales, et les répliques cyniques. C’est un portrait grinçant de la noirceur de l’Homme.. Pour ma part, j’ai trouvé le jeu des acteurs très abouti. Ces derniers nous offrent un panel de personnalités différentes qui se testent et s’affrontent dans ce huit clos permettant au spectateur une identification.

On retouve une touche cinématographique tout au long de la pièce. A l’arrière de la scène, un film en noir et blanc est projeté pour nous éclairer sur les évènements extérieurs. Ce changement de média permet aux spectateurs de sortir du huis clos, tout en rajoutant de la tension à l’atmosphère déjà pesante.
A la fin du spectacle, nous sortons enjoués mais l’esprit lourd de questionnement : Qu’aurions-nous fait à leur place ? Qui sont réllement nos amis et quelle sorte d’ami sommes nous ? Jusqu’où peut-on aller par instinct de survie?
Cette comédie dramatique a un réel côté cathartique. L’égocentrisme exacerbé dont l’homme est ici capable, est tourné de manière à provoquer le rire du public ce qui est prétexte à la réflexion.
Conseil avisé : prenez vos tickets !!

Aude

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