Le Roi Basquiat est de retour

28 ans après sa tragique disparition, Jean-Michel Basquiat (1960-1988), continue de faire couler beaucoup d’encre et de rapporter gros. Cette icône de l’avant-garde, qui avait ses entrées dans tous les cercles artistiques, a laissé un travail considérablement complexe, avec plusieurs niveaux de lecture, qui a toujours un immense succès. Institutions muséales, galeries, foires, la « marque » Basquiat attire les foules, fait vendre, et c’est dans ce contexte qu’une de ses œuvres, Untitled exécutée en 1982 est de nouveau sous les feux des projecteurs…

Le 10 mai prochain, à la vente Post-War and Contemporary Art de Christie’s New York, cette toile de 2,38 x 5m (oui 5 mètres) sera exposée aux enchères. Annoncée sans estimation, des rumeurs annoncent déjà un prix au-dessus de 40 millions de dollars. Exécutée à Modène en Italie dans les premières années de sa vie d’artiste, du temps où il collaborait avec Emilio Mazzoli un célèbre galeriste italien, avant que l’étoile ne file à nouveau aux Etats-Unis. C’est pendant cette année 1982 que Basquiat peint Prophet 1 et Boy and Dog in a Johnnypump, considérées toutes deux comme des œuvres incontournables.

Untitled est une peinture homérique, sa taille monumentale déploie une énergie, rarement vue en peinture, qui en fait un jalon incontournable dans la carrière de l’artiste.

Dans ce que d’aucun pourrait qualifier d’autoportrait, un diable noir, seule figure anthropomorphe de la toile, s’échappe à travers des coulées de peinture qui ne sont pas sans rappeler un certain Jackson Pollock. Tout le dynamisme, toute la spontanéité du jeune artiste explose sur cette toile, mais aussi tout le talent. Il ne faut pas perdre de vue qu’en 1982, Basquiat n’a que 22 ans, et déjà à cet âge, il imagine, et élabore une composition gigantesque qui s’impose dans une monumentale présence. Cette présence aussi physique que conceptuelle nous montre tous les gestes de création de l’artiste, à travers des traces de pinceaux férocement apposées sur la toile, qui deviennent un chemin de lecture pour le spectateur.

Le plus haut prix pour un Basquiat a été atteint le 15 mai 2013 pour Dustheads, daté aussi de 1982, avec 48 843 752 de dollars (avec les frais). Reste à savoir si cette toile magistrale enlèvera le record…

Crédits photo et sources : Christie’s/Art Tribune

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