Le rossignol new-yorkais

Dans les rues de New York, on suit les pas d’un jeune homme, seul, qui s’éprend d’une femme qu’il ne voit qu’à travers des lunettes 3D. Plus il la voit, plus la frontière entre fiction et réalité devient floue…

À l’heure où il nous suffit de franchir le pas de notre porte pour basculer dans un monde où la fiction prend quelque peu le pas sur la réalité, Nightingale dresse un portrait à la fois tendre et onirique de cette solitude contemporaine et urbaine, à l’encontre de la série britannique Black Mirror qui explore l’impact à double tranchant des nouvelles technologies. Ici, pas d’issue dramatique, de sang ou d’humiliation, juste un homme emprunt d’une certaine solitude plutôt mélancolique. Les rues de la Grande Pomme, ville tentaculaire, renforcent ce sentiment d’être seul, y compris lorsque l’on est entouré.

Dans ces grandes villes, presque inhumaines, comment rompre la solitude qui, à la longue, devient pesante ? On peut y voir un clin d’oeil aux applications de rencontres comme Tinder ou Happn ; si certains n’y vont que dans un but d’amusement, certains espèrent (secrètement) y rencontrer leur âme sœur ou à défaut, quelqu’un avec qui partager une belle histoire…

Durant 6 minutes, le spectateur s’évade, devant un flot d’images ininterrompu, sans paroles, emmené par une composition musicale douce et un brin mélancolique. Jeune cinéaste talentueux et prometteur, Émile Bertherat signe ici son premier court-métrage onirique et poétique, qui sera parfait pour les froides soirées d’hiver à venir.

Les commentaires sont fermés.