Le street-art prend d’assaut les murs de Paris

Les murs de la capitale seront bientôt recouverts de peintures urbaines. C’est le résultat d’un projet voté par les Parisiens et intitulé « Les œuvres d’art investissent la rue ». D’ici quelques mois, une fresque de street art verra le jour dans chaque arrondissement de la capitale, pour le plus grand plaisir des curieux.

Longtemps discrédités et déconsidérés, les street artistes reviennent sur le devant de la scène parisienne à l’occasion d’une initiative lancée par la mairie de Paris dans son budget participatif de l’année 2014. Les Parisiens sont nombreux à avoir voté ce projet de revalorisation artistique, qui vise à « accueillir dans l’espace public des interventions artistiques au bénéfice de tous les Parisiens ». Les premières œuvres devraient voir le jour dès cet été.

L’objectif affiché de la mairie de Paris est de faire entrer dans le domaine culturel des œuvres de street art. Plus question de manier les bombes et la peinture acrylique à l’abri des regards et dans l’anonymat le plus complet. Désormais, les street artistes sont invités à s’exprimer comme ils le souhaitent sur les murs de la capitale. Pour Noel Corbin, le directeur des affaires culturelles de la ville de Paris, « ce ne sont pas que des murs municipaux. Le critère, c’est un grand espace de visibilité. Mais la procédure peut être longue car on peut avoir besoin de l’accord de la copropriété ».

La mairie de Paris souhaite accorder plus de places aux graffitis

Une première œuvre de street-art a déjà vu le jour. Elle a été réalisée par l’artiste Philippe Baudelocque, en lien avec l’ouverture de la médiathèque Françoise Sagan dans le 10ème arrondissement. Les autres artistes ont été tirés au sort le 9 février dernier à l’Hôtel de Ville. Un arrondissement a été attribué à chacun d’eux. Pour les connaisseurs, la liste des gagnants est la suivante : ce sont respectivement Hopare, 2shy, Shaka, Marko93, Da Cruz, Psyckoze, Alex, Zenoy, Astro et Lazoo qui réaliseront des fresques dans les arrondissements, du 2ème au 10ème, en plus du 18ème et du 19ème.

Peu de règles entourent la réalisation de ces œuvres. Seul impératif : les tags doivent s’intégrer aux différents quartiers. La direction artistique a été confiée à La Place, un centre culturel dédié au hip-hop qui ouvrira bientôt ses portes sous la Canopée des Halles. Pour son directeur, Jean-Marc Mougeot, « cela va permettre de montrer ce qui se fait de mieux, avec des artistes parisiens et d’Ile-de-France de renommée internationale ». La première œuvre de street art, réalisée par Noe Two, sera présentée au public le 1er avril. « Le gorille que je vais peindre va regarder les passants de la rue Saint-Denis en s’inquiétant de l’évolution de la planète » a-t-il déclaré. Derrière le visage de ce gorille se cacheront des mots en calligraphie, dont la signature de l’artiste. Pour lui, « le graff est le dernier mouvement artistique contemporain. Il entre dans les musées, les galeries. Il a donc sa place dans la rue ».

Crédit photo : RadioVinie/Flickr

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