Le Troisième Testament, Julius (tome1) – Alex Alice, Xavier Dorison & Robin Recht (2010)

Je suis passée par plusieurs étapes lors de mes recherches sur cette BD. J’ai d’abord découvert que j’avais lu la 4e BD du Troisième Testament, Julius (d’Alex Alice, Xavier Dorison et Robin Recht), soit le tome qui est sorti ce mois-ci. Je suis donc revenue au premier tome de la série, en maugréant intérieurement sur ma bêtise, pour rentrer et découvrir que, je venais de lire le premier tome de la seconde partie de la série (commencée en 1997, achevée en 2003).

Clairement, on était mal partis pour entendre parler de la série cette semaine. Mais en fin de compte, j’ai décidé de vous parler du premier tome de la seconde partie, car d’après ce que j’ai lu, les deux séries fonctionnent indépendamment. Il n’est donc pas nécessaire d’avoir lu la première, pour comprendre la seconde. Peut-être parlerais-je la semaine prochaine de la première partie, histoire de remettre un peu d’ordre dans ce chaos. Ne vous plaignez pas, vous n’avez pas à vivre constamment avec. C’est pénible parfois.

30 ans après la mort du Christ, Julius Plubius Vindex est légat romain, plus connu sous le nom du « Boucher d’Alexandrie ». Il massacre Juifs et Chrétiens pour la plus grande gloire de l’Empire. Prêt à massacrer nombre d’innocents au nom de la victoire, il reçoit un ordre de Rome le sommant d’abandonner la lutte. Il refuse de se laisser vaincre par ce qu’il considère être des barbares, et outrepasse cet ordre dans l’espoir d’assurer une victoire écrasante. Il n’avait pas prévu, qu’horrifiée par sa soif de sang, sa fille le dénonce à Rome, le faisant prisonnier. Il est envoyé dans des mines de sel, en compagnie d’un esclave chrétien, qu’il avait épargné afin de l’utiliser dans son plan de massacre. Cet esclave est par ailleurs assez particulier : barbu, cheveux longs et bruns, un regard bleu pénétrant, il fait penser par de multiples aspects à ce Messie d’il y a trente ans. Julius lui voue une haine grandissante : il voit en lui, celui qui a incité sa fille à le trahir.

Alors, qu’est-ce que vous pensez de ce pitch ? Il donne envie non ? Histoire et religion revisitées, le tout sur un ton épique, des dessins à couper le souffle et une écriture dantesque. Si vous me dites non, là je ne vous cache pas que je serais un peu déçue. Mais je ne vous abandonnerai pas, mes braves compagnons ! Jamais ! Je tâcherai de vous convaincre, même si c’est la dernière chose que je doive faire sur ce … oui, bon, je m’essayais au registre épique. Ça ne va pas à tout le monde, D’ACCORD. J’arrête. Passons.

Le Troisième Testament a une grande force, que vous avez déjà dû cerner à la lecture du résumé : l’histoire. Elle est à la fois épique, historique et fantastique. On part tranquillement sur des bases historiques, Rome et l’Empire, il y a pire pour commencer à construire une histoire. On ajoute des intrigues narratives tirées de la Bible. On fait difficilement plus épique quand même. Et on ajoute un troisième paramètre : l’utopie, l’imagination, qui font du récit une histoire fictive, et non pas, une «simple » retranscription de faits religieux. Par conséquent, l’univers offre une myriade de possibilités réjouissantes. Il n’y presque besoin de rien d’autre pour rester accrocher à la BD, mais comme les créateurs de la série sont de bien bonnes personnes, ils ont ajouté d’autres raisons pour nous autres de nous réjouir !

D’un point de vue graphique, on reste dans quelque chose de remarquable. Que ce soit les visages, les décors, les ombres, les couleurs, tout est un plaisir pour les yeux. On y voit villes, déserts, discussions sérieuses autour de cartes, orgies (pas en détails, désolée pour le faux espoir), effusions de sang, luttes à l’épée, enfin tout ce qui peut rendre, assez bien, sous forme de dessins. Il y a peu de chance que les dessins ne vous plaisent pas : un style trop marqué peut être un peu rebutant, je le conçois. Ici, le trait reste simple sans oublier de t’en mettre plein la vue.
Ces dessins permettent de développer des personnages qui, sans être complexes, sont impressionnants. Julius et sa « némésis » sont presque effrayants de pouvoir et de volonté : ils en imposent. Clairement, l’un respire la force brute, et l’autre dégage une aura presque surnaturelle dont il se rend à peine compte. Une histoire aussi puissante se devait d’introduire des personnages marquants pour tenir la route. C’est chose faite : deux hommes qui se font face, Rome et la construction de la religion catholique de l’autre.

C’est facile de toute façon : je ne vois aucun défaut. D’accord, il n’y a pas ou peu d’humour, mais ce genre d’univers ne s’y prête que difficilement, et l’intrigue est trop mystique pour laisser filtrer sarcasmes et ironie. Sincèrement, relever un autre défaut, serait pinaillé. Faites-moi confiance.

Crédits photo

Les commentaires sont fermés.