Léa Rener ou L’instant Privilégié

Art/ctualité a le plaisir de vous présenter une jeune photographe de 24 ans, Léa Rener. Nous avons eu la chance d’avoir un entretien avec elle.

Si la photographie était des mots-clés, alors pour Léa Rener ils seraient : instant, spontanéité, abandon. Son travail, que ça soit de la photographie de mode, de portrait ou de paysage, c’est l’humain qui compte et la place qu’il occupe dans son environnement.

Quand on s’approche au plus près de ses portraits, photographie portée donc sur le corps, il est question d’instant, de spontanéité, d’entre-deux et d’échanges. L’artiste est toujours à la recherche de cet entre-deux, de cet instant privilégié où la personne baisse sa garde, où le modèle s’abandonne. Mais cela n’est pas sans difficulté, car créer ou provoquer l’abandon chez un modèle n’est pas chose aisée. Alors on délie les langues, l’échange commence. Léa pense qu’il réside alors, en plus de toute la technicité qu’il est possible d’acquérir, une part d’accident, d’imprévu, qui vient offrir un instant magique. Cet instant, parfois des plus rares, est quelque chose de précieux qu’il est difficile d’apprivoiser. L’instant est spontané, unique et ne se répètera pas. Dans ce cas précis, il sera donc impossible de reproduire plusieurs fois la même image. C’est peut-être tragique, mais aussi essentiel, car c’est là qu’apparaît la beauté. Ce moment magique, hors du temps, ne relève pas simplement de la chance. Il réside dans le fruit de l’échange entre le modèle et le photographe. Cette beauté est créée à deux, comme pour beaucoup de relations et d’échanges.
Ici, il n’y a pas que le modèle ou le photographe qui s’offre. Chacune des parties offre un peu de soi, un peu de son histoire, de sa vision, de ses émotions. Certains pensent d’ailleurs, que le portrait d’une personne reflète une partie de l’âme du photographe.

Léa voit le côté spontané de son travail, comme forgé, en partie, par ses études. Elle est à présent, en 2ème année de Master d’Etudes cinématographiques et audiovisuelles. Elle travaille actuellement sur l’œuvre de Sarah Moon, et tout ce qui tourne autour de l’histoire de la photographie. Longtemps attirée par l’univers de la mode, elle considère qu’il a été parfois difficile de classer ses portraits dans une seule case.

La photographie n’a pas toujours été sa passion, mais elle s’en sort avec brio. Toujours attirée par le social, la psychologie, le stylisme et le cinéma, domaines qui, à présent, sont tous regroupés dans la photographie, qu’elle considère comme un aboutissement. Cela fait à présent 6 ans qu’elle a commencé sa relation avec la photographie, et son intérêt pour l’image s’est accru au fil du temps. Selon elle, l’attirance pour la psychologie et le social se reflète dans ses portraits, via la recherche de la pureté, du naturel, avec le moins d’artifices possibles.
C’est sûrement ce côté naturel, spontané et d’échanges, qui plaît autant à ses modèles, qu’à son public. Pour certains la beauté sera les artifices, les couleurs contrastées ou les paysages bruts. Pour d’autres, elle sera la nature, le naturel, le spontané, la douceur. Quand il est question de beauté, place à la subjectivité ! Mais quelle belle subjectivité que d’apprécier le travail de Léa Rener.

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Crédit photo : Léa Rener

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