Les 20 ans de Paris Art Design : retour sur l’édition 2016

Depuis 20 ans, les collectionneurs et les amateurs d’art et de design sillonnent les allées de cet évènement majeur du marché de l’art parisien, mais aussi international.

Foire à taille humaine et véritable référence en matière de décoration, le PAD ne cache pas sa volonté d’apparaitre comme un lieu intimiste et de passions. Un lien imperceptible lie les galeries entre elles, dans cette ambiance tamisée où les murs sont drapés de noir, celui du raffinement. Un raffinement, qui était loin d’être inabordable, avec des pièces dont la mise à prix ne dépassait pas le millier d’euros, mais qui parfois décolle littéralement jusqu’à atteindre des centaines de milliers d’euros, ce qui pour des objets de décoration est plutôt pas mal.

Cette foire intrinsèquement parisienne, et dont l’esprit des antiquaires n’est malheureusement presque plus présent, a comme été absorbée par le rouleau compresseur du design contemporain, peut-être plus en vogue parmi les clients du PAD. Même si les galeristes étaient en majorité parisiens, une poignée d’autres venus d’Europe et de New York, avaient installé leurs stands dans la ramée du jardin des Tuileries. Afin de ne pas écrire un article fleuve rempli de blabla autour du PAD, ART/CTUALITÉ vous propose de découvrir une galerie pour chaque catégorie présente (il y en 8 pour ceux qui sont déjà fatigués).

Pour l’Art Décoratif du XXème siècle, direction la galerie Franck Laigneau, nommée « meilleur stand » du PAD par le jury, ce qui l’a considérablement aidée pour vendre tout son mobilier (il fallait compter entre 10 et 40 000 euros par pièce). Orienté autour de la décoration de style allemand et scandinave, le stand proposait de superbes pièces de mobiliers sculptés des années 30. Une excellente période pour le design, moins pour la politique (ha, ha).

Dans la catégorie Bijoux d’Artistes, il fallait s’arrêter chez Bernard Bouisset, le stand le plus fancy du secteur. Des diams à gogo, et l’impression d’avoir un concentré du meilleur de la place Vendôme à faire pâlir d’envie une baronne suisse. Spécialisé entre les années 30 et 70, Bernard Bouisset en imposait beaucoup pour cette catégorie !

Le Design Contemporain avec la galerie Armel Soyer, qui a proposé une sélection über chic, avec des pièces réinterprétant de manière contemporaine les intérieurs des plus beaux palais. C’est un dialogue réussi entre les époques et les matières pour cette galerie.

Ah, la section Verre et Céramique ! Pas évident pour un jeune collectionneur d’aborder ce monde ! Karen Swami hisse ses créations au sommet, avec un design épuré, une patine et des couleurs d’une tendance folle, le tout dans un univers très zen. Ses céramiques donnent envie d’être effleurées pour sentir le grain de la terre cuite, d’être observées pour voir toutes les variations de couleurs sur ces formes harmonieuses… Bon, vous l’avez compris en lisant ces lignes, gros coup de cœur.

Olà Sancho ! Voilà l’Art Précolombien. Une seule galerie le présente, et pas des moindres. La galerie Mermoz, l’incontournable, la somptueuse, la magique (et pleins d’autres adjectifs mélioratifs stylés) exposait une sélection, d’une qualité muséale, d’œuvres précolombiennes. Il fallait retenir le guerrier-chaman avec un masque de jeune alligator, l’incarnation du mec sympathique.

En Sculpture, l’Univers du Bronze proposait aux visiteurs de se plonger dans le vaste domaine de cette technique, avec des pièces variées autour de l’âge d’or du bronze (1830-1930). Animaux, bustes, personnages, formaient un ensemble important pour ce médium ayant une cote toujours très élevée sur le marché de l’art.

Pour les Arts Premiers, oublions la célèbre galerie Raton deux minutes, pour lorgner vers la galerie Flak devenue, le temps d’un weekend, le point de convergence d’époques et de techniques variées. De l’art eskimo du Grand Nord en passant par des poupées venues des déserts d’Arizona, de l’Afrique à l’Océanie, il était possible de faire en quelques minutes un véritable tour du monde des arts premiers, avec une sélection pointue pour des objets d’une très grande qualité.

Enfin, la section Peintures du XIXème et Moderne. La dernière section de ce PAD 2016, avec la galerie Traits Noirs, qui venait de Toulouse, proposait une grande sélection d’œuvres gravitant autour de l’abstraction. Ces tableaux accrochés aux cimaises du PAD tranchaient, certes avec les autres stands, mais la peinture moderne et contemporaine reste la valeur sûre pour décorer son appartement dans le 8ème. Ou à Besbar.

Ce PAD 2016 était l’occasion de pénétrer dans une sorte de cabinet de curiosités géant, et de profiter de la structure à taille humaine pour discuter avec les galeristes, et avoir leur avis sur le marché de l’art. Impossible d’aller au PAD sans tomber dingue d’un objet ou d’une toile !

Crédits photo et sources : PAD Paris

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