Les belles histoires de l’oncle Ray #1

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Lorsque j’ai rencontré Michael pour la première fois, je me doutais bien qu’il marquerait sa génération. C’était dans la ville de Gary dans l’état de l’Indiana, il participait à un concours musical en compagnie de ses frères. Il était le plus jeune et il sortait déjà du lot, non seulement parce qu’il était à l’aise sur scène, mais aussi parce que ses pas de danses, inspirés de James Brown, amusaient réellement le public.

Souvent il me disait, « Oncle Ray, penses-tu que j’ai une chance d’être célèbre un jour ? » Je ne savais pas quoi répondre mis à part que je lui souhaitais le meilleur. J’aurais pu attendre longtemps si j’avais compté sur mes dons de voyance, puisqu’une dizaine d’années plus tard, en 1982, son sixième album sortait chez Epic Records. Une production de Quincy Jones, vendue à plus de 60 millions d’exemplaires, Thriller, qui devait s’intituler à l’origine « Starlight ».

Le petit Michael était devenu une superstar, et le gosse que j’avais vu  se faire tabasser par son père, était maintenant sous la protection de Mister T, son garde du corps, qui le protégeait coute que coute. Oui je parle bien de Barracuda de la série télévisée.

Alors que je le voyais côtoyer les plus grands artistes de ce monde, je me rendais compte par la même occasion qu’il n’avait pas gardé son âme d’enfant. C’était un véritable enfant. C’est peut-être pour cela qu’il était fasciné par certains films fantastiques et poétiques, comme Edward aux mains d’argent qu’il a failli interpréter au cinéma, avant de se faire voler la vedette par Johnny. Il écrivait avec plaisir des musiques  de jeu vidéo, je crois que c’était une histoire de hérisson bleu, très rapide, mais je ne me souviens plus du nom exact. Il était même parvenu à agacer Freddy Mercury, alors que ce dernier enregistrait un morceau censé figurer sur l’album Thriller. Michael avait ramené son lama, et le chanteur de Queen était au bout du rouleau.

Lorsqu’il avait le temps, et c’était assez rare, nous nous retrouvions pour discuter autour d’un verre. Il ne me parlait pas de lui mais des autres. Il aimait, plus que tout, la musique des Beatles, dont il avait acquis les droits en 1985 pour 45 millions de dollars. Il aimait aussi les femmes, et tentait de les mettre à l’honneur chaque fois qu’il le pouvait, à l’image de Naomi Campbell  présente dans « In the closet » ou, de Stéphanie de Monaco qui chante sur le même titre.

Le 11 septembre 2001, le temps s’est arrêté. Alors que je voyais les tours s’effondrer dans un nuage de poussière sur mon écran de télévision, je me souvenais des mots de Michael qui refusait notre verre mensuel, « Je ne peux pas oncle Ray, j’ai une réunion le 11 à New-York au WTC, on peut reporter si tu veux ». Cet imbécile avait annulé au dernier moment, et répondu au bout de mon quatrième coup de fil.

C’est finalement sept années plus tard que le temps s’est réellement  suspendu, le 25 juin 2009. Tout ce que je vous raconte s’est réellement déroulé et j’aurais vraiment aimé pouvoir en raconter davantage si Michael était encore là, et surtout si j’avais vraiment existé.

Credit photo : fonkadelica.com/mjfranceforum.com

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