Les “Couleurs Primaires” du Paradis

Une voute céleste franchement moche, le dieu Soleil qui répond aux abonnés absents, et des degrés qui ne cessent de plonger vers les abysses, ici tout est gris. Depuis le début de l’année, la Ville Lumière a perdu toute générosité climatique. Pire, elle semble s’être habituée à cette radinerie. Mais, cette jolie vieille dame a toujours su nous faire don de ses plus grands talents. En ce mois de janvier, encore, cette affirmation s’est vérifiée, elle nous a ouvert les portes du Paradis.

Après une rencontre, un soir, à Paris, le duo house et pop’ commence une collaboration artistique unique et sincèrement réussie, qui les propulsera chez Barclay. Un label avec lequel ils sortent, après plusieurs maxis, un superbe EP, “Couleurs Primaires“. Trois productions, deux remixes et vous obtenez une perle auditive unique dans l’univers musical français. La singularité réside dans cet alliage musical, qui consiste à plonger Alain Souchon et Alain Chamfort dans un bain chaleureux de musique house. Un son moderne avec ce qu’il faut de rétro, qui vous enveloppe délicieusement et vous emmène dans une histoire, un univers, cinq bonnes minutes durant. “Garde-le pour toi“, “Sur une chanson française“, “Le bal des oubliés“. Trois titres, trois contes qui ne commencent pas par le traditionnel “Il était une fois”, mais par une introduction d’une minute trente qui vous donne le rythme, les couleurs, la chaleur de ce qui vous attend par la suite.

Paradis, c’est également un univers vidéo. Leurs clips relèvent d’une esthétique rare où l’image vous interroge, faite de moments volés, de cadrages volontairement douteux et de couleurs très travaillées. Tels des courts-métrages, ces vidéos se marient à la musique et semblent indissociables. Le temps reste en suspension.

A l’image de ce qu’on peut retrouver chez The Pirouettes, Paradis livre une œuvre assez touchante par sa simplicité. Les textes aussi le sont. Bref, le duo parisien a réussi à produire un premier EP brillant, céleste, qui va venir éclairer le terrible ciel grisonnant au-dessus de la Seine.

Photo : Paradis Facebook

Les commentaires sont fermés.