Les empreintes de Raed Bawayah

La Maison Européenne de la Photographie propose jusqu’au 25 janvier 2015 l’exposition Empreintes de Passage, de l’artiste Raed Bawayah.

L’exposition propose différentes séries de photographies, en noir et blanc, toutes questionnant la place de l’homme au sein du monde.
Raed se fond complètement au sein de plusieurs communautés, afin de photographier « de l’intérieur ». Ce qu’il souhaite immortaliser avant tout, ce sont des sujets sensibles comme l’exclusion, les individus en marge, l’anormalité.
On voit alors des palestiniens marqués par la guerre avec la série ID 925596611, des patients d’hôpitaux psychiatriques, des laissés pour compte, des moines, des soldats… Des tziganes de France aux sans abri d’Allemagne, de nombreuses communautés sont mises en lumière.
Raed Bawayah réussit à donner une importance à ces êtres, ils entrent dans nos vies et s’assoient au sein de l’institution muséale.

Chaque cliché dégage une force incroyable. On est saisi par la personne qui nous fait face. Les sujets sont, pour la grande majorité, des personnes auxquelles nous n’aurions jamais accordé notre regard. Ici, nous sommes obligés de les contempler. On est invité à comprendre ce qu’elles dégagent, à saisir le message que Raed fait passer à travers leurs corps. Elles sont présentées de façon si imposante, on en vient presque à devoir les affronter ; comme si à notre tour nous étions en marge, comme si nous n’étions, l’espace d’un instant, plus personne.
Alors on comprend. On comprend que tout homme est Homme. Qu’il n’y a pas de différence à faire, car chacun de nous, laisse à notre façon, une empreinte sur terre. Et tout à coup, on est écrasé sous le poids du modèle, du message.

Le message de Raed est rempli d’humanisme. En traversant les pays, ils nous expose une universalité : celle de l’humain. Plus de culture, plus de religion, plus de race qui ne tienne. L’être humain est un.
Le message est qu’il ne faut pas chercher à comprendre un quelconque sens caché, il n’y a pas de symbole. Et comme l’artiste explique justement « Ce sont des hommes, non des symboles ». Il faut donc comprendre l’homme comme être vivant sur terre, égal aux autres, peu importe où il est né, peu importe où il vit, peu importe comment il existe.

Crédits photos : 1 & 2 & 3

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