Les promeneurs sous la lune – Mai Erguza & Zidrou (2015)

Un joli titre pour l’œuvre de Mai Erguza & Zidrou, plein de promesses et de poésie.

Napoléon Carvallo se réveille depuis plusieurs nuits dans le lit de Linh, une femme qu’il ne connaît ni d’Eve ni d’Adam. Ils n’ont jamais eu de relations intimes, mais le bougre tient quand même à revenir chaque nuit se glisser sous les draps de la demoiselle. Elle ferme chaque nuit sa fenêtre et sa porte à clef, sans réussir à le tenir loin de son lit. Linh accepte de ne pas porter plainte, uniquement s’il va consulter un spécialiste du sommeil qui lui diagnostique une nouvelle maladie, totalement inconnue jusqu’alors. Et le plus étrange, c’est qu’elle est contagieuse … Bientôt c’est toute la ville qui se retrouve à marcher la nuit sur les toits.

Vous avez déjà le plus gros point fort de la BD, et son plus gros défaut, résumés en cinq lignes. Pour que ce soit aussi concis et rapide, il n’y a que deux réponses possibles : soit la BD a un problème, soit l’auteure de l’article est extrêmement douée.

En effet, si l’on peut résumer l’histoire en deux secondes, sans rien omettre, c’est que la BD souffre d’un manque de consistance assez problématique. L’histoire s’attache à Napoléon et Linh, et à leur relation qui évolue au fil de leur rencontre. On découvre deux ou trois personnages annexes sans beaucoup d’intérêt et basta. Niveau personnages, on reste un peu sur notre faim. On peut néanmoins aller se nourrir du côté du concept de base, ce nouveau somnambulisme qui se transmet comme une traînée de poudre. Juste ce qu’il faut d’originalité pour te faire ouvrir la BD, mais pas assez pour te maintenir en haleine.

Seule l’ambiance nocturne sur les toits de la ville reste un peu en tête. Ce charme pittoresque auquel participent les dessins. Figés, presque photographiques, aux couleurs pastel, tout mimis tout beaux, c’est la seule chose dont on ne se lasse pas.

A partir d’un concept assez original, l’auteur aboutit à une BD sympa, qu’on lit sans problème mais qu’on oublie aussi assez vite. Tout est basé sur l’idée originelle : le reste est assez plan-plan, et fait figure de remplissage. L’humour est enfantin, facile. Il peut arracher un sourire ou deux, mais il y a de fortes chances que ça s’arrête là. Le résultat est une œuvre mignonne qui t’occupe pendant vingt minutes.

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