Les splendeurs perdues du Népal

Le séisme qui a ravagé le Népal, samedi dernier 25 avril, a détruit une grande partie du patrimoine culturel du pays. La secousse, estimée à 7,9 sur l’échelle de Richter, a non seulement provoqué la mort de près de 7 000 personnes, mais a aussi causé des dommages irréversibles aux édifices de la capitale népalaise Katmandou. Bien que la région ait déjà connu des catastrophes naturelles similaires par le passé, l’absence de normes antisismiques n’a pas permis de sauver l’architecture népalaise aux matériaux fragiles, principalement des briques et du bois. Plusieurs monuments, inscrits sur la liste du Patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1979, ont ainsi disparu à tout jamais.

Le centre de Katmandou a été particulièrement touché. A Durbar Square, de nombreux édifices, principalement des temples hindouistes et bouddhistes entourant la place centrale, se sont effondrés. Ils avaient été érigés par les rois de la dynastie Malla entre le XIIe et le XVIIIe siècle. Parmi eux, le temple Maju Deval, construit en 1690 et consacré à Shiva, n’a pas survécu à la catastrophe. C’est aussi le cas du temple Trailokya Mohan Narayan, qui avait déjà été endommagé par le tremblement de terre de 1934. Il disposait d’un triple toit, et était considéré comme l’un des temples les plus emblématiques de la capitale.

La tour Dharahara s’est, elle aussi, effondrée suite au séisme. Edifiée en 1832, elle était dotée d’un escalier en spirale de 200 marches, menant à un sanctuaire hindou dédié au dieu Shiva situé à son sommet. Très prisée des touristes, elle mesurait près de 50 mètres de haut, et était surmontée d’un imposant minaret de bronze. Les anciennes villes royales de Patan et de Bhaktapur ont elles aussi été gravement touchées. Les temples de briques n’ont pas résisté au séisme et leurs décombres jonchent désormais les rues.

C’est une très mauvaise nouvelle pour le tourisme de ce pays qui tire d’importants revenus de sa haute fréquentation touristique. Les monuments détruits devraient être reconstruits à l’avenir, mais l’entreprise ne sera pas aisée, et le patrimoine culturel de la ville ne sera plus jamais le même. « Ce que je peux dire, c’est qu’il s’agit d’une perte irrémédiable pour le Népal et pour le reste du monde », a témoigné le spécialiste P.D Balaji, qui dirige le département d’histoire et d’archéologie de l’université de Madras. Outre la peur qu’un évènement semblable ne se reproduise dans le futur, le Népal a définitivement perdu une part de son authenticité.

Alors que les secours continuent de rechercher des corps parmi les décombres, et que les survivants s’organisent pour affronter les jours sombres qui se profilent à l’horizon, quelques bonnes nouvelles subsistent. Le sanctuaire de Pashupatinath dédié au dieu hindou Vishnu, haut lieu de pèlerinage de la vallée, ne serait pas touché. Le sanctuaire de Lumbini, proche de la frontière indienne, serait également épargné. C’est là que le prince Siddhartha Gautana, futur Bouddha, est né en 563 avant J.-C. De quoi redonner espoir et foi pour surmonter les difficultés à venir.

Crédits photo : www.europe1.fr

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