L’état des lieux

L’état des lieux, du graffiti et du Street-art, est un ouvrage de Cédric Naimi, aux éditions Carpentier.

La préface a été rédigée par Agnès b. qui raconte sa passion pour l’art et son amour du Street-art. Elle parle des artistes avec lesquels elle a travaillé, mais surtout elle met en avant la richesse de cet art de la rue, et sa force à apporter un message.

L’auteur commence par re-contextualiser un peu le Street-art, en nous rappelant où il est né, comment il s’est développé, ainsi que quelques notions clés. On comprend alors d’où vient cet art, comment il est né, comment il s’est développé, mais ce qui est important c’est de saisir comment est née la passion du Street-art chez l’auteur.

Le livre fait à peu près 360 pages et pourtant, à aucun moment on a l’impression que c’est un gros livre. L’auteur a voulu retracer l’Histoire du Street-art. Il a rencontré de nombreux artistes, a écouté leurs témoignages, leur histoire, leurs anecdotes. On peut lire de grands noms, comme Jef Aérosol, Jérôme Mesnager, Reyz, Eyone et beaucoup d’autres. Chaque chapitre comporte des citations, des moments de vie rapportés par les artistes eux-mêmes, et pour illustrer tout cela, on peut apprécier au fil de l’ouvrage, plusieurs pages remplies de photos, en couleur et en noir et blanc. En réalité ce sont de petites interviews, mais à aucun moment on en a l’impression. On croirait vraiment à une histoire, un roman. On lit les histoires des artistes, galeristes, collectionneurs qui ont fait le Street-art, d’une seule traite, sans se lasser. C’est assez plaisant. Les dialogues sont retranscrits de sorte qu’on a l’impression d’entendre parler des amis. On s’imagine presque certaines histoires.

Après avoir lu les histoires de ces noms qui ont fait le Street-art que nous connaissons, l’auteur a rencontré de grandes institutions, comme la RATP, la Mairie du 13eme, la Ville de Paris et a dialogué avec eux sur la problématique, si on peut dire, des graffitis dans les villes. L’auteur pose la question du moment où les graffitis doivent être effacés, s’ils doivent disparaitre ou non… On peut lire qu’un des membres de la brigade anti tag de Paris a, un jour, laissé un graffiti parce qu’il le trouvait beau, qu’il est d’avis à ce que la Mairie de Paris mette à disposition des Street-artistes des espaces pour s’exprimer librement. On apprend la différence entre le graffiti et le tag, les rapports du maire du 18e avec le graffiti et l’art urbain, le point de vue de Jack Lang sur cette nouveauté de l’art directement dans la rue.

Ce livre est un recueil riche sur l’histoire et l’évolution du Street-art. On comprend la profondeur de l’impact qu’il a sur la société, et l’importance des artistes à vouloir s’exprimer. On comprend mieux leurs ambitions, leur façon de travailler et leur appréhension du monde de l’art, et de la société en général.

Le livre est très bien construit, la lecture est fluide et les pages d’illustrations permettent de  se replonger plusieurs années en arrière, en l’espace de quelques minutes. On apprend énormément sur l’histoire des Street-artistes et de l’art urbain. Un livre que je vous conseille vivement !

Avis : 4/5

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