« L’expert » Hubert Robert est au Louvre

L’exposition « Hubert Robert (1733-1808), un peintre visionnaire » qui a débuté le 9 mars et se tiendra jusqu’au 30 mai prochain au Louvre à Paris, est un peu comme un cadeau de Noël tardif. Pour la première fois, Hubert (Bob) Robert a son nom en haut de l’affiche de l’un des plus beaux musées du monde, autour d’une exposition somptueuse.

Réalisée en collaboration avec la National Gallery of Art de Washington, elle rassemble 140 œuvres majeures prêtées aussi bien par des collectionneurs, que par des institutions muséales reconnues, et nous dévoile avec précision la diversité d’un des artistes les plus prolifiques du XVIIIème siècle. Au-delà des représentations de ruines pour lesquelles son nom est souvent associé, le parcours proposé par le Louvre explore avec justesse l’histoire et le travail de ce peintre. Pote avec Fragonard et l’Abbé de Saint-Non son protecteur, il part à la fin des années 1760 en Italie faire son « Grand Tour », ou « Junkerfahrt » pour les germanophiles que vous êtes. Ce voyage, réservé aux jeunes gens fortunés, était l’occasion de partir en Italie pour observer, apprendre et découvrir la culture antique, la politique, les langues vivantes, la littérature, et aussi un bon moyen de ramener quelques maladies vénériennes en passant par Venise, mais cela est un autre sujet.

Hubert Robert est donc en Italie, sous le soleil écrasant du Latium, et tombe littéralement en pâmoison devant les chefs d’œuvre de l’Antiquité. Séduit par la poésie architecturale des lieux, il étudiera minutieusement ces vestiges jusqu’à en devenir un des experts les plus prolifiques. C’est donc sur ce travail que s’ouvre l’exposition : une série de dessins à la sanguine –dont il était devenu un maître « intestable »- envoyés du Musée de Valence, mais aussi des tableaux venus du Canada et de Pau. En poursuivant, le visiteur peut admirer les talents de décorateur d’Hubert Robert avec notamment sa sublime œuvre « La Fontaine ».

Mais le peintre et dessinateur n’est pas seulement connu comme étant un excellent illustrateur de ruines et d’éléments architecturaux, c’est aussi un patron dans la représentation des désastres urbains et des incendies. Influencé par son époque, l’Ancien Régime et la Révolution française (des périodes toutes sauf calmes), il a su exprimer les troubles historiques et la recherche de la destruction, à travers des tableaux et des dessins qui font de lui un témoin crucial dans la compréhension de ces bouleversements…

A ne pas manquer !

Crédits et sources photographiques : Louvre / Blouin Art/ National Gallery of Art/L’Express

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