Liu Bolin : le paradoxe de l'invisibilité

« L’art de peindre n’est que l’art d’exprimer l’invisible par le visible »

 

Liu Bolin est un artiste montant chinois. En 2001 il va obtenir son Master aux Beaux Arts de Beijing. Cet artiste était à la base scultpeur. Il se passionne réellement pour ce médium et va profiter de l’essor économique et du calme politique pour développer son art et atteindre une certaine maturité. Il mène une vie paisible jusqu’au jour tragique ou il va se faire expulser de son atelier. Le gouvernement chinois va alors raser la totalité de son quartier.

L’artiste, totalement bouleversé, effondré, souhaite disparaitre. Il ne veut plus faire parti du paysage. On lui a pris ce qui lui tenait le plus à coeur il veut donc devenir invisible. Liu Bolin va alors se lancer dans une contestation tout à fait novatrice et révolutionnaire. Il va mettre en exergue un paradoxe très fort : obtenir une visibilité artistique en étant invisible.

Sa première photo sous forme de « performance » date de 2005. Sa toute première oeuvre le mettra en scène devant les ruines de son atelier. Le message qu’il délivre est très fort : puisque l’état à réduit à néant son atelier, il prouve que sans cela il n’existe plus, on ne le voit plus… Pour se faire, Liu va entièrement se peindre pour faire UN avec ce qui l’entour. (Cf : photo ci-après)

 

LIU devant atelier

Liu Bolin devant son atelier détruit © Liu Bolin

Il va ensuite, au fil des années, se mettre en action dans d’innombrables lieux, afin de toujours mettre en lumière son désir de disparaitre dans cette société qui bafoue l’homme. Comme si l’artiste, et finalement l’être humain n’était plus rien. Plus qu’une image fugace absolument sans importance. Liu Bolin clame haut et fort, à travers ses oeuvres, que l’Homme est ridicule à l’échelle de l’Histoire du monde. Il existe à peine.

 

© Liu Bolin

© Liu Bolin

© Liu Bolin

© Liu Bolin

 

Et pourtant c’est cette invisibilité qui va rendre visible Liu. C’est là qu’est tout le paradoxe. Son désir, à la base, de disparaitre, fait de lui un artiste reconnu aujourd’hui sur la scène artistique internationale. Liu parvient à laisser une emprunte dans l’univers qui l’entoure en se fondant dans le décor.

 

© Liu Bolin

© Liu Bolin

© Liu Bolin

© Liu Bolin

 

Ce sont des heures de travail qui font de ces clichés la marque de fabrique de l’artiste chinois. Parfois près de 10 heures de travail sont nécessaires à la réussite d’une telle performance. Liu Bolin est reconnu, considéré. Le Festival Made In Asia, de Toulouse, en 2013 lui consacrera d’ailleurs une importante rétrospective. Néanmoins, il déclare dans ses interviews : « Mon travail est profond et sombre ». C’est donc un artiste mystérieux et fort que je vous invite à découvrir…

 

Assia

 

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