Louis IX, une tête d’oiseau au service du peuple

L’accrochage d’accueil ramène d’emblée son public 800 ans en arrière, aux temps du Saint-Roi, un XIIIe siècle riche en alliances, en trahisons et en complots, en croisades et autres aventures moyenâgeuses. Le Centre des Monuments Nationaux, en charge de l’héritage du roi, nous accueille avec un accrochage aux influences Symboliques, d’un Alphonse Osbert représentant dans la pureté des aplats, et dans la simplicité du trait, les différents lieux ayant marqué les campagnes du roi croisé (Saint-Cloud, Aigues-Mortes, Damiette…).
C’est en face de ce Symbolisme calme et reposé qu’intervient la patte glorificatrice et tellement acquise des peintres du XIXe siècle (Delacroix, Fleury, Rouget…), qui n’hésitent pas pour le prestige de la royauté, à dresser un tableau tout en largesses et en beauté de la vie relatée de Saint-Louis. Cet angle idéalisé de la monarchie du Saint-Roi nous rend compte des souffrances de la torture qu’a endurées Louis IX sous les croisades, ou encore de la libération des serfs que sa mère, Blanche de Castille, a imposée sous le règne de son fils.
Son effigie statufiée et d’époque, véritable emblème du travail scénographique de l’exposition, encadre par sa présence et par la profondeur de son regard, les deux piliers contemporains à l’entrée de la salle des gardes de la conciergerie, une partie tranquille et reposée (XXe), l’autre dramatique et fascinante (XIXe).

Après cette entrée magistrale, le parcours se poursuit sur l’exposition du travail séculaire des moines copistes, avec la présentation sous vitrine d’ouvrages contemporains au règne du roi, et un soin particulier accordé aux détails des fameuses enluminures d’époque. C’est donc une série de documents, de recueils mais aussi de reliques et d’objets sacrés qui sont soumis au regard circonspect du visiteur. Une vaste suite d’objets tous relatifs au règne du roi, comme une chemise ou un coffre, prolongent l’exposition dans un sens tout ce qu’il y a de plus commun et superficiel.

En effet, suit un incompréhensible imbroglio de différentes statues de rois des XIIIème, XIVème et XIXème siècles. Mal agencée, mal racontée, le reste de l’exposition peut se résumer à un vaste fourre-tout de statues, de vitraux, de diverses représentations de la descendance du roi, ou de contemporains à son règne. On ne comprend pas le sens que les scénographes ont voulu accorder à une exposition censée fêter les 800 ans de la mort d’un roi sanctifié. Le visiteur est contraint de prospecter pour dénicher des informations relatant la vie du personnage, les recouper entre elles et en trouver l’ordre général.

Bien heureusement, la visite ne tient pas qu’à cette exposition temporaire, et le visiteur pourra se faire une joie de visiter l’étage des condamnés; qui référence, documente, explique et raconte les événements de la Révolution française aux visiteurs envieux d’apprendre. Quel dommage en effet, malgré une réussite totale du graphisme et de la typographie de l’affiche, de se retrouver confronté à une exposition qui n’a pas peur de se déliter en tournoiements, en errances et en égarements, dans un écrin qui ne demandait qu’à éclore et à s’épanouir.

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