Lutte contre le trafic d’oeuvres d’art de Daesh

Quelques jours après les terribles événements de vendredi 13 novembre, le Président de la République, François Hollande, a annoncé vouloir mettre en place des mesures pour contrer le trafic d’oeuvres d’art perpétré par le Daesh.

Le groupe Daesh pille sans cesse des zones antiques et ces pillages alimentent massivement le marché noir. Le groupe terroriste se sert de ce commerce illicite pour financer ses opérations. 

François Hollande s’est exprimé lors d’une conférence à l’UNESCO, en expliquant que Daesh s’auto-délivrait des permis de fouilles afin de piller et détruire des zones riches en oeuvres d’art. Que ces oeuvres transitent ensuite vers des ports francs afin d’être revendues, et que l’argent y serait également blanchi. 

La France parle alors d’instaurer un « droit d’asile » qui concernerait toutes les oeuvres menacées provenant de Syrie et d’Irak.

Ce dispositif viendra s’inscrire dans la loi de « liberté de la création », mise en place par Fleur Pellerin, la ministre de la Culture et de la Communication. Cette mesure s’appuiera sur un dossier expressément commandé au directeur du Louvre, Jean-Luc Martinez. 

Les musées français pourraient alors prendre en charge toutes les oeuvres menacées pour ne pas qu’elles tombent aux mains des terroristes.

Dès son application, des contrôles seront effectués aux douanes, permettant ainsi d’identifier les biens volés lors des transits de lots d’oeuvres d’art. Une fois identifiées, elles ne pourront plus quitter le territoire français puisqu’ayant quitté illégalement leur pays d’origine. 

Vers une meilleure harmonisation

Le gouvernement souhaiterait également une meilleure harmonisation quant aux droits concernant le trafic de biens culturels. Le fait que chaque pays ait des lois différentes, renforce la possibilité de faire passer illégalement des oeuvres d’art.

Un exemple concret : en France il est possible de dénoncer le recel à n’importe quel moment, alors qu’en Belgique, il existe la règle de l’instantanéité. 

La France désire également voir naitre un fonds international afin de protéger le patrimoine. Le fonds permettrait de reconstruire certaines zones par exemple à Palmyre, ou permettrait l’étude de lieux détruits. Le directeur du Louvre propose également la mise en place de grandes expositions mettant en avant le patrimoine en exil. Il explique alors qu’une exposition de ce type avait été organisée en Afghanistan, et avait permis de lever 3 millions de dollars en une dizaine d’années. C’est le musée de Kaboul qui avait ensuite récolté la somme.

Il aura fallu attendre un tragique événement pour que la mise en place de mesures, permettant la sauvegarde du patrimoine lors de conflits armés, voient le jour. Il est maintenant nécessaire que tous les pays se mettent d’accord, afin de se battre ensemble contre ce trafic d’oeuvres d’art. 

© François Hollande pendant son discours devant les 197 délégations des Nations unies, à l’Unesco, à Paris, mardi 17 novembre. Laurent Troude pour Libération

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