Mac Miller, back dans les bacs

Comment dire… Imaginez un addict à Breaking Bad qui attendait la sortie de la prochaine saison, ou un fan intergalactique de la saga Star Wars attendant décembre et le septième épisode, en tremblant d’impatience, ou encore les journalistes des Inrocks et de Télérama avant la sortie d’un docu indépendant sur la condition de la femme unijambiste en milieu carcéral népalais durant le XIXe siècle. Vous saisissez donc le niveau d’impatience, à présent. Eh bien, disons qu’on se trouvait dans le même état lorsque Mac Miller a annoncé qu’il était de retour avec « GO:OD AM ».

Le 18 septembre dernier était donc un jour coché sur notre calendrier depuis un bout de temps. De plus, ce retour d’un Mac Miller désintoxiqué et signé sur une grosse major (chez Warner, rien que cela) fleurait bon le retour gagnant. Puis, le prodige de Pittsburg a annoncé des collaborations avec Tyler The Creator, Lil B ou encore Thundercat (qu’on retrouve notamment chez Flying Lotus ou Kendrick Lamar) et, là, forcément, l’envie d’entendre le nouveau Mac Miller s’est transformée en attente interminable. Le Jour-J arrivé, on s’est enquillé les 17 titres de ce troisième album d’une seule traite tel un candidat de Koh-Lanta mangeant un steak de bœuf après 40 jours d’émission.

Le résultat est à la hauteur de l’attente, le rappeur de Pennsylvanie semble heureux d’être là, de retour entre nos deux oreilles, à débiter son flow impeccable et tellement distinctif. Faire du rap East Coast est courant, le faire aussi bien beaucoup moins. Porté par des titres tels que Break the Law, Brand Name ou Clubhouse, « GO:OD AM » prouve tout le talent de Mac Miller. Sur certains morceaux, tels que Time Flies et Perfect Circle / God Speed, il se la joue même vieux briscard du rap américain. Il le confesse lui-même : « I’m 23, but my mind is older » (j’ai 23 ans, mais mon esprit est plus vieux).

Oui, on a tendance à l’oublier, Mac Miller n’a que 23 ans et pourtant, comme le dit Jean Rochefort, il en a déroulé du câble. Alors, on se dit qu’on grandit, comme lui, et on comprend que le Mac Miller complètement fou, à l’insolence adolescente, qui rappe pour se marrer avec ses potes, a laissé place au professionnel du rap américain qui pèse déjà lourd dans l’industrie musicale. La preuve, il annonce déjà des collaborations avec Pharrell et Nas.

En attendant, vous pourrez le retrouver lui et son énergie folle au Trabendo, le 1er octobre.

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