Mais, pourquoi Jay-Z galère autant avec Tidal ?

Rapide retour en arrière. Nous étions fin mars et votre file d’actualité Facebook, tout comme votre Twitter, étaient remplis des nouvelles “photos de profil” de vos chanteurs préférés : un carré bleu ciel. A ce premier harcèlement, a succédé celui de vos 834 amis Facebook qui avaient tous un avis sur les origines de ce changement.

- « Ils ont ressorti le jeu où tu annonces la couleur de tes sous-vêtements sur les réseaux sociaux », ont avancé les plus vicieux.

- « Pas du tout, ils militent pour le retour du bleu ciel cet été », leur ont répondu les plus Reines du Shopping.

Puis, votre amie qui trouve que le végétalisme « c’est l’avenir », qui connait jour par jour le taux de pollution de l’air à Paris, d’ailleurs c’est pour ça qu’elle n’ose plus aller à vélo de Châtelet à Saint Paul, et qui a déjà fait trois séjours humanitaires au Laos, vous a dit : « Mais ne raconte pas n’importe quoi. C’est le nouveau logo de l’association contre la malnutrition bovine en milieu semi-rurale ! Les OGM nous bouffent, les O-G-M nous bouffent ! »

Enfin, on passera sur vos potes chiants qui ont débattu, pendant deux heures, sur la dénomination de la couleur : « alors là, tu n’y es pas du tout mon gars, c’est turquoise c’est tout, ou bleu ciel si tu veux… Mais de là à me parler de cyan ! »

Beaucoup de bruit pour pas grand-chose au final. La faute probablement à une mauvaise communication par l’image. Elle a commencé par ces carrés d’un bleu ciel agressif, partout sur internet. Puis, elle a continué avec une réunion des millionnaires de la musique, pas du tout anonymes, venant chouiner collectivement, contre les méchants sites de streaming qui maltraitent les musiciens. C’est peut-être ce dernier point qui est le plus intéressant. Effectivement, on peut se demander si voir des artistes à 120 euros la place de concert, à 15 ou 20 euros l’album, aux cachets énormes pour une émission télé ou un festival, qui viennent quémander, était une bonne idée.

Il est vrai qu’il faut être honnête, et que Tidal ne doit pas seulement payer le nouveau lifting de Madonna, ni la nouvelle garde-robe de Kanye West, et encore moins installer une clim’ dans les casques des Daft Punk, mais tous les musiciens moins connus présents sur la plateforme.

L’autre problème vient du prix. Un abonnement de base pour 9,99 dollars et un autre à 19,99 dollars. La différence ? Le second garantit un son hyper (méga ultra giga supra) haute qualité. Bon, autant vous dire qu’à moins d’être un type fou, à l’oreille absolue, et qui compte décortiquer, seconde par seconde, l’instru’ de ses titres favoris, vous n’en aurez absolument rien à faire.

Pour finir, le problème est peut-être aussi générationnel. Aujourd’hui, parmi les fans de musique, lesquels se soucient vraiment du sort socioprofessionnel de leur artiste préféré en écoutant sa musique ? Qui ne s’est jamais foutu de la gueule de ce fameux pote qui n’a jamais téléchargé illégalement un album ? En deux mots, qui s’intéresse aux fins de mois de Nicky Minaj ? Personne.

On aurait pu, aussi, dire que Jay-Z arrive un peu après la bataille, des années après les géants Deezer, Spotify, Youtube, etc. La liste des problèmes est encore longue, et à cela s’ajoute le fait que l’appli Tidal vient de se retrouver 872e au classement des téléchargements aux Etats-Unis… Comme le rappait Mr Beyoncé : « I’ve got 99 problems but a bitch ain’t one » (soit « J’ai 99 problèmes mais une meuf n’en fait pas partie »). Certes, mais Tidal si.

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